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dimanche 23 novembre 2008

L'histoire oubliée des prisonniers de guerre en Indochine

.............Les plus érudits ne se souviennent que d’un mot « Dien Bien Phu », et encore ils situent souvent cette bataille pendant la guerre du Vietnam à ne pas confondre pourtant avec la guerre d’Indochine qui a duré plus de 9 ans et s’est terminée en 1954.

Ils ignorent complètement les durs combats de la RC 4 et de Vinh-Yen, pourtant des plus meurtriers. Pour eux, la guerre d’Indochine s’est terminée à Dien Bien Phu et ils font l’impasse sur les durs combats du GM 100 pendant les mois suivants où cette brillante Unité a perdu 1350 hommes et 250 véhicules rien qu’au cours de l’embuscade d’Ankhé. ...
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http://www.citizenside.com/fr/photos/conflits-guerres/1954-02-18/10652/l-histoire-oubliee-des-prisonniers-de-guerre-en-indochine.html


"Armé pour la vie, de Chemillé à l’enfer de Dak Doa" (Editeur : Indo-éditions)

http://www.anapi.asso.fr/

mardi 15 janvier 2008

Naufrage de l'ESTONIA

Là aussi c'est pas clair

CATASTROPHE MARITIME • Une manœuvre fatale serait à l'origine du naufrage de l'Estonia

http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=81488

et les incohérences là:
http://francofil.se/nouvelle/filrouge/humeur/humeur11-2004.htm

Un manque de transparence intriguant.

mardi 18 décembre 2007

Allemagne: la RDA vendait ses prisonniers politiques à l’Ouest

pour voir le détail de l'offre suivre le lien!

.........En passant au crible un compte en banque détenu par Erich Honecker, l’ancien chef de l’Etat de la RDA, Matthias Judt a mis à jour le sinistre commerce d’êtres humains auquel s’adonnaient les dirigeants de l’Allemagne de l’Est..............

http://www.rue89.com/2007/12/18/allemagne-la-rda-vendait-ses-prisonniers-politiques-a-l%E2%80%99ouest

lundi 10 décembre 2007

CHINE : Rééducation par le Travail

En effet il ne faut pas confondre

""Il ne faut toutefois pas confondre le laojiao avec le tristement célèbre laogaï, le système de "réforme par le travail", souvent comparé au goulag soviétique, et qui constitue le système concentrationnaire chinois.""

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3216,36-987772@51-987896,0.html

samedi 24 novembre 2007

Aux intrus, la patrie... très énervée

ETONNANT

Son nom sonne comme celui d'un mouvement underground allemand, mais il n'en est rien : Untergunther est un mot purement inventé, dénué de sens. Il désigne un groupe clandestin, basé à Paris, qui a pour ambition de "restaurer les parties invisibles du patrimoine".

De septembre 2005 à septembre 2006, plusieurs membres de cette organisation ont occupé le Panthéon - à l'insu de l'administration - dans le but de réparer son horloge. "C'est une horloge Wagner, qui date de 1850. Elle ne fonctionnait plus depuis 1965 et tout le monde l'ignorait. On l'a remise en état avant qu'il ne soit trop tard", raconte l'un des porte-parole d'Untergunther, Lazar de son nom de code.

Cette intrusion dans un monument historique hautement symbolique de la capitale a valu à quatre membres de ce groupe de comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris, vendredi 23 novembre. Lazar, Peewee, Do et Lanso - deux hommes et deux femmes - ont déroulé leur histoire invraisemblable, mais véridique, sous l'œil réprobateur du président de la 12e chambre, Eric Meunier.

Agés de 35 à 40 ans, d'apparence BCBG, ces "explorateurs urbains" font partie d'un réseau plus vaste, UX, qui rassemblerait "entre cent vingt et cent cinquante" personnes. Certains membres sont mineurs mais la plupart sont des trentenaires, parfaitement insérés : parmi eux, il y aurait des avocats et même une procureure.

"On n'est pas des squatteurs. Créé dans les années 1980, à l'époque où les soirées dans les carrières étaient à la mode, UX investit des sites inutilisés tout ou partie du temps, comme une station de métro la nuit. Ces lieux sont des "délaissés urbains". On y organise des activités positives et apolitiques : festivals de films, rénovation patrimoniale", a expliqué Lazar au Monde. Ainsi, en 2004, la police avait découvert une salle de cinéma sous le Trocadéro, animée par la Mécanique de perforation. Un autre groupe composé exclusivement de filles, House Mouse, serait spécialisé dans le repérage des lieux et le décodage de serrures.

A entendre les membres d'Untergunther, pénétrer dans le Panthéon en dehors des heures d'ouverture au public est un jeu d'enfant : le plus simple est de se laisser enfermer dans le vaste bâtiment. Puis de refaire les clés, que les gardiens ont l'habitude de suspendre devant le pupitre, à l'accueil ! A une époque, les visiteurs du soir pouvaient même emprunter l'échafaudage extérieur qui descendait jusqu'au sol tel un escalier métallique, du côté de l'Hôtel des Grands Hommes.

Autre option, par un soupirail situé à l'extérieur, on accède à des égouts qui mènent à la tombe de... Jean Jaurès - certains experts du ministère de la culture ont effectué le trajet souterrain. Tout cela est connu de quelques initiés. Ainsi, des élèves du lycée Henri-IV ont fait des virées nocturnes au Panthéon.

Les membres d'Untergunther, eux, y ont pris leurs quartiers. Pendant un an, ces spécialistes de l'infiltration se sont "planqués" dans la galerie circulaire située à la base du dôme, côté rue Soufflot. Dans cet espace voûté, dont les meurtrières offrent une vue sublime sur la ville, ils ont apporté leur matériel et aménagé un salon de fortune : fauteuils en bois escamotables en caisses, table à manger, nappe à carreaux, plaque électrique, etc. Ils y ont passé leurs soirées et leur temps libre, après le travail. Ils y ont même reçu du courrier...

L'atelier de restauration, baptisé UGWK, a été piloté par Jean-Baptiste Viot, un horloger anciennement employé par la prestigieuse maison Bréguet, de la place Vendôme. Entouré d'une équipe, le jeune homme a refait des pièces manquantes et remis en marche le mécanisme, pour un coût de "4 000 euros en matériel".

Septembre 2006 : leur ouvrage achevé, les membres d'Untergunther ont fait leur coming out. Ils sont allés trouver l'administrateur du Panthéon, qui était alors Bernard Jeannot. En apprenant l'histoire, celui-ci est tombé des nues. Passé l'effet de surprise, il a bien fallu réagir. Mais comment ?

Le Centre des monuments nationaux (CMN), qui gère le Panthéon, n'est pas avide de communication. L'affaire donne l'impression que l'on peut entrer dans des lieux prestigieux comme dans un moulin. Comment les membres d'Untergunther ont-il pu aller et venir à leur guise, sans être inquiétés ? L'histoire est loufoque. Inévitablement, s'inquiète le CMN, elle va donner des idées à des individus ayant des buts moins louables que l'entretien des biens culturels. Accessoirement, enfin, les passagers clandestins du Panthéon auraient pu faire une chute mortelle...

Tout compte fait, décision est prise de poursuivre Untergunther. D'octobre 2006 à mai 2007, le Centre des monuments nationaux dépose plusieurs plaintes contre le groupe. En vain : à chaque fois, le parquet classe sans suite. En France, la loi ne prévoit rien contre l'introduction illégale dans un monument national. Il y a comme un vide juridique.

En attendant, le commissariat du 5e arrondissement parisien multiplie ses rondes. Finalement, le 14 août, à 3 heures du matin, la police interpelle quatre membres du groupe alors que l'un d'eux "s'affaire sur le cadenas" d'une grille du Panthéon - à l'intérieur de l'édifice, une équipe de télévision japonaise est en train de tourner un reportage. Cette fois-ci, le parquet croit tenir un motif valable : il y aurait eu dégradation volontaire de la gâche de fermeture de la grille.

Les choses se gâtent lors de l'audience devant le tribunal correctionnel, le 23 novembre. Très vite, il apparaît que l'accusation ne tient pas la route. Les quatre prévenus n'ont d'ailleurs pas jugé utile d'être représentés par un avocat. Celui du Centre des monuments nationaux, Eric Gomez, se démène pour essayer de prouver qu'ils ont bien scié la gâche et commis d'autres dégradations, et réclame 48 300 euros de dommages et intérêts.

Sans succès. Le parquet a "stupidement poursuivi" sur cette histoire de gâche, déplore la procureure, Anne Benejean. Pourquoi n'avoir pas retenu d'autres délits aisément qualifiables, s'interroge-t-elle : recel de clés, faux et usage de faux, l'un des quatre prévenus s'étant procuré une fausse carte d'agent des monuments nationaux ?

La procureure requiert la relaxe tout en donnant une leçon aux membres d'Untergunther : "On se croirait un peu dans un jeu de rôle, avec des chevaliers. Vous devez cesser de jouer !" De plus, ajoute-t-elle, une condamnation inscrite au casier judiciaire pourrait coûter son poste à l'une des deux jeunes femmes, infirmière à l'hôpital public. Le président, Eric Meunier, confirme la relaxe mais lance cet avertissement : "Vous pouvez encore faire l'objet de poursuites pénales ."

Le Centre des monuments nationaux va-t-il relancer la procédure ? "Il est encore trop tôt pour le dire", a indiqué au Monde le directeur du CMN, Vincent Leroux, qui ajoute : "Je ne suis pas sûr que l'objectif d'Untergunther soit la réparation de l'horloge. N'y a-t-il pas le goût du challenge, de la transgression des interdits ?"

Reste une question essentielle, mais visiblement taboue : la restauration de l'horloge du Panthéon est-elle de bonne qualité ? "Oui", souffle-t-on à la direction de l'architecture et du patrimoine du ministère de la culture. Sur le plan mécanique, elle fonctionne. Mais, faute d'avoir été remontée, l'horloge s'est arrêtée. Ubuesque, jusqu'au bout.

Clarisse Fabre




http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-982097@51-982192,0.html

jeudi 15 novembre 2007

La Guerre du RIF

Nous sommes en 1920. Bien avant la guerre d’Indochine et la guerre d’Algérie, celle du Rif est bien la première guerre anticoloniale du XXe siècle.


En France, elle donne lieu aux premières manifestations de solidarité avec les peuples sous domination coloniale, organisées par le Parti communiste, et dont l’Humanité en ces années 1925-1926, se fait l’écho.

Le Rif, étroite bande côtière située du nord du Maroc méditerranéen, est, depuis 1912, sous domination espagnole, le reste du pays sous protectorat français.

Abdelkrim El Khattabi, né en 1882, à Ajdir dans la tribu berbère des Beni-Ouariaghi, après des études à l’université d’El Karaouine à Fès, s’installe à Melila où il est successivement cadi (juge musulman), instituteur, interprète (arabe, français et espagnol) et correspondant du Télégraphe du Rif, quand il se lance en politique. Il dénonce l’oppression coloniale et se met à rêver à l’indépendance du Maroc. Abdelkrim parcourt le Rif et sensibilise les populations : " Nous devons, disait-il, sauver notre prestige et éviter l’esclavage à notre pays. " Homme de culture et d’ouverture, celui qui qualifie l’Occident de " civilisation du fer " par opposition au Maroc rural et sous-développé, est tout sauf un fanatique. Il a un projet politique : faire du Rif une république moderne, développer l’économie et l’éducation, et la faire reconnaître par la Société des nations (SDN). Il pense faire accéder le Rif à l’indépendance en bonne entente avec les Espagnols. Mais ces derniers refusent.

La guerre devient inévitable quand les tribus berbères du Rif refusent l’autorité espagnole et demande à l’Espagne de quitter le Maroc. En 1920, les Espagnols envoient une armée de 100 000 hommes commandée par le général Sylvestre. Le 20 juillet 1921, l’armée espagnole subit un véritable désastre : 3 500 soldats tués, plus de 5 000 sont faits prisonniers, toute l’artillerie lourde espagnole et un véritable arsenal (fusils et munitions) tombent entre les mains des Rifains. Sylvestre se suicide. De victoire en victoire, Abdelkrim repousse les Espagnols sur les côtes. En 1922, il proclame la République du Rif. " Le Parti communiste français unanime félicite Abdelkrim pour ses succès ", titre l’Humanité du 11 septembre 1924.

La France, inquiète, prend des mesures, vole au secours de l’Espagne, dépêche une troupe de 400 000 hommes commandée par le maréchal Pétain. Abdelkrim, qui a lancé son armée de 75 000 hommes contre le Maroc français, est stoppé. Le rapport des forces est inégal. Abdelkrim fait face à 32 divisions franco-espagnoles. Pétain mène une guerre totale : les villages rifains sont rasés par l’aviation et l’artillerie, l’armée française ne fait pas de prisonniers. C’est le début de la fin.

En France, malgré la campagne, à contre-courant, menée par le PCF pour arrêter " immédiatement l’effusion de sang au Maroc ", relayée quotidiennement par l’Humanité qui, en outre, publie des lettres de soldats, puis l’appel - le premier du genre à l’époque - lancé par Henri Barbusse et signé par une centaine d’intellectuels dont André Breton, dans son éditiondu 2 juillet 1925, la guerre se poursuit. Abdelkrim est vaincu en 1926. La République du Rif aura vécu.

Celui dont les méthodes de guérilla ont inspiré Mao Tsé-Toung et Hô Chi Minh, est fait prisonnier et sera déporté à l’île de la Réunion. Mais la guerre du Rif a un tel retentissement que le nom d’Abdelkrim est devenu le symbole de la décolonisation. Quand il s’évade en 1947, il s’installe au Caire où il est l’un des fondateurs du Comité de libération du Maghreb. Abdelkrim exilé - il ne retournera plus au Maroc -, le Rif est secoué par des révoltes en 1958-1959 qui seront écrasées par les toutes nouvelles Forces armées royales (FAR) commandées par le général Oufkir. La répression sera sanglante : 8 000 morts. Sur le tard, avant son décès en 1963, il dira de cette période (1920-1925), avec quelque amertume : " Je suis venu trop tôt. "

Hassane Zerrouky

L'ARME CHIMIQUE

Le mouvement de libération mené par Abdelkrim El Khattabi a été maté par l'arme chimique utilisée par l'Espagne.

Selon les études réalisées par des chercheurs et historiens marocains, espagnole et anglais, la population "rifaines" (habitants du Rif) a été victime, entre 1924 et 1926, d'intenses bombardements avec des armes chimiques dont les séquelles sont toujours visibles.
Les premiers historiens à avoir levé le voile sur ce crime contre l'humanité sont l'espagnole Maria Rosa Madriaga et l'anglais Sebastian Balfour. Le président de la fondation Montgomery Hart des études amazighs monsieur Rachid Raha a confirmé aussi que plusieurs localités du Rif ont été cibles par l'armée espagnole. C'est le cas surtout de la Tamsamane près de Nador et d'Anjra non loin de Tanger. La résistance à l'occupation conduite par l'Emir Abdelkader El Khattabi a coûté la vie à plus de 20 000 soldats espagnols.
C'est Abdelkrim El Khattabi qui a inventé le système des guérillas qui a inspiré, par la suite, Ho Chi Min au Viêt-Nam et Che Guevara en Amérique Latine. La France a également été pointée du doigt. "Elle est autant responsable que l'Espagne par plusieurs témoins et historiens.
D'ailleurs, monsieur Rachid Raha et autres historiens étrangers assurent que l'armée française et espagnole ont eu recours aux armes chimiques, à l'extermination, et au génocide notamment dans la région de FES suite à une percée colossale de l'armée de libération de l'émir Abdelkrim El Khattabi. qui s'étendait rapidement vers la zone sous protectorat français au Maroc.


Les français et les allemands complices de crimes contre l'humanité.
Deux usines chimiques ont été ouvertes par les espagnols dès 1924, grâce à des compétences françaises et allemandes. Une usine se trouvait à la ville marocaine spoliée par les espagnols Melilla et l'autre à Madrid. En quelques semaines des tonnes de gaz ont été produites. Les Spécialistes parlent de 407 tonnes de gaz ypérite, du chloropicrine et du phosgène.

Voila comment ces gaz ont été largués

Pour larguer ces bombes à destruction massive fabriquées par les espagnols avec l'aide des français et des allemands, l'armée coloniales a utilisé 530 avions de construction française, danoise et allemandes et pilotés par des mercenaires français, allemands et américains.

Bilan

Elle a fait plus de 50.000 morts et touché plus de 200.000 autres atteints de cancer de la peau et des poumons.
La Légion espagnole perts 8.171 hommes
L'Armée Française je ne sais pas ?






mardi 13 novembre 2007

La "pacification" malgache de 1947 avait fait 89 000 morts

89 000 morts malgaches sur la grande Ile. C’était en 1947 à Madagascar. Une insurrection méconnue de l’histoire coloniale française. Que s’est-il exactement passé ? Tout commence le 29 mars 1947, dans la nuit de samedi à dimanche, où des camps de gendarmeries sont attaqués par des Malgaches à Moramanga, à Manakara ainsi que dans le Bas-Faraony. S’ensuit une rébellion longue de 21 mois qui se soldera en une liquidation, et des insurgés et du seul parti malgache membre de l’assemblée. Pourtant les circonstances et les instigateurs exacts de l’insurrection font aujourd’hui encore l’objet de doutes de la part des chercheurs, qui planchent sur cette période noire de l’histoire de Madagascar.

Intégrée à l’empire colonial français en 1896, Madagascar obtient le statut de territoire français d’outre-mer après la guerre, en 1946. L’île est alors dotée d’une assemblée élue, aux pouvoirs limités. Trois jeunes parlementaires malgaches, membres du Mouvement démocratique de la rénovation malgache (MDRM), parti à la fois nationaliste et pacifique, ont, par cette élection, obtenu des sièges dans les assemblées de la IVeme République. Une assise politique qui va réveiller la revendication indépendantiste.

L’insurrection, qui débute le 29 mars 1947, trouve sa source dans l’existence de sociétés secrètes, basées dans les forêts et aux points stratégiques du réseau ferroviaire. On sait que l’administration française était au courant. Cette nuit-là ne provoque pas pourtant d’émeutes populaires. Mais l’armée va opérer, dans l’anxiété, une répression aveugle. Dès avril, les autorités françaises font débarquer 18 000 hommes. Un corps expéditionnaire qui montera jusqu’à 30 000. Car la bataille se poursuit dans l’Est du pays, où deux zones de guérilla s’installent dans la grande forêt, pendant plus de 20 mois jusqu’à épuisement. Les derniers « rebelles », morts de faim, finissent par se rendre. Entre temps, l’armée française procède à des exécutions sommaires, torture et brûle les villages.

Une « pacification » dérangeante

Un épisode longtemps qualifié de « pacification », qui fait 89 000 victimes chez les Malgaches, chiffre donné par l’état-major français, et approuvé par Jacques Tronchon, auteur de L’insurrection malgache, ouvrage de référence sur la question. Les insurgés ont, quant à eux, donné la mort à 550 Européens et à 1 900 Malgaches. Les trois députés malgaches sont arrêtés et jugés coupables par la justice française, qui retient la thèse du complot du MDRM. Deux d’entre-eux seront condamnés à morts, pour être finalement graciés.

Si la majorité des historiens se sont ralliés jusqu’alors à la thèse selon laquelle la répression malgache émanait en grande partie de la provocation de la police et des colons, les chercheurs planchent encore aujourd’hui. Ils s’acharnent toujours à en établir les circonstances et les instigateurs exacts, quitte à déranger les mémoires. Courant janvier, un nouveau colloque organisé par le groupe d’historiens « campus » de l’université d’Antananarivo s’est consacré à la question. Des recherches ont été effectuées par des enquêtes orales et par un nouveau dépouillement des archives : « Les historiens offrent aujourd’hui un nouveau regard sur l’insurrection de 1947. Il y a eu des insurgés dans l’Ouest Betsileo et dans le Menabe en 47-48. La répression policière a sévi ‘là où il ne s’est rien passé’, comme ce fut le cas à Majumga et à Sambava. Le mouvement avait une ampleur nationale et tous les malgaches y ont largement participé. Les moyens militaires étaient incroyablement faibles quand l’insurrection éclate, et la répression militaire était plus modérée que ne l’a transmis jusqu’ici la tradition », rapporte la journaliste Lova Rabary. Les chercheurs insistent sur la diversité géographique du mouvement ainsi que sur le caractère multiforme de la répression. Le débat s’engage et la discussion est loin d’être closes...

1917 : la mutinerie des soldats russes à La Courtine (Creuse)

En décembre 1915, Paul Doumer, futur Président de la République, se rend à Petrograd, dans un Empire Russe chancelant. La guerre fait rage et l’armée française connaît une pénurie d’hommes : le haut fonctionnaire français vient demander au Tsar Nicolas II un soutien en soldats pour les envoyer au front. La France veut 40 000 hommes, qui seront armés et équipés par elle. Peu attaché à la vie de ses sujets, Nicolas II accepte.

Partis de Vladivostok, les soldats Russes débarquent à Marseille le 20 avril 1916. Ils sont acclamés en héros par la population française, qui voit en eux une relève inattendue et inespérée. Dès leur arrivée, ils sont envoyés au front.

Tenus isolés de leurs compatriotes civils, les soldats ne savent pas ce qui se passe chez eux. On ne les utilise que pour servir de chair à canon : pendant l’offensive Nivelle, quatre mille appelés russes sur vingt mille trouveront la mort. Cette tuerie marque un tournant : après elle, les mutineries se généraliseront aussi bien dans l’armée française que dans l’armée allemande et parmi les appelés russes. Pour couper court à une rébellion latente, les Russes sont envoyés dans les Vosges et en Haute-Marne. C’est alors qu’ils sont informés des bouleversements que connaît leur pays : la révolution russe est en marche. Depuis le renversement de la monarchie tsariste par une grève générale insurrectionnelle, en mars 1917, une situation de "double pouvoir" existe. D’un côté, le gouvernement officiel, dont Kerenski sera le Ministre de la Guerre à partir d’avril, avant d’en devenir le chef en juillet ; de l’autre, les ouvriers et les soldats russes organisés dans des soviets (assemblées), qui manifestent de plus en plus d’impatience à l’égard du gouvernement, dont ils attendent des mesures énergiques contre la guerre et ses conséquences dramatiques.

Les soldats russes retenus en France veulent être partie prenante de ce bouleversement révolutionnaire. Suivant l’exemple des soviets russes, des comités sont créés par des appelés mais aussi par des civils russes exilés. Dans les Vosges, la revue de troupe du premier mai 1917 tourne à la manifestation : les gradés se retrouvent face à des drapeaux sur lesquels le mot "liberté" a été écrit. Ce n’est là qu’un premier mouvement de rébellion ; d’autres vont suivre et le Ministère de l’Intérieur, qui s’inquiète de la possible influence du contingent russe sur les troupes françaises, décide alors de les transférer dans un lieu le plus éloigné possible de tout contact avec les populations civile et militaire. Ils seront ainsi transférés dans la Creuse, au camp de La Courtine, qui avait servi auparavant de camp de prisonniers.

La première Brigade arrive fin juin à La Courtine, et la deuxième le 5 juillet. Pour rallier cette dernière à sa cause, la première brigade organise une grande réunion dans la nuit du 5 au 6 juillet. Avec des mots rageurs et passionnés, ils appellent leurs camarades à la désertion pour ne plus combattre en France et rentrer auprès des leurs : "Dès notre arrivée en France, on a considéré le soldat russe non comme un homme, mais comme un objet utile et n’ayant pour seule valeur que sa capacité au combat. Mais au premier combat, une partie d’entre nous perd cette valeur et suit le sort déplorable d’un fardeau inutile jeté dans les hôpitaux. Pour éviter cela, il faut s’unifier et catégoriquement refuser d’aller au front. [...] Nous exigeons qu’on nous renvoie en Russie, d’où nous avons été chassés par la volonté de Nicolas le sanglant. Là-bas nous serons du côté de la liberté, du côté du peuple laborieux et orphelin."

Cependant, la seconde brigade hésite à les rejoindre ; tous ne sont pas encore acquis à la cause révolutionnaire et ont sûrement peur des représailles. Leurs supérieurs agiront à temps pour éviter un ralliement massif : le 8 juillet, le Général Commandant du Corps Expéditionnaire Russe, craignant une mutinerie généralisée, décide de quitter le camp en compagnie de tous les officiers supérieurs et de dix mille hommes. Dix mille soldats "rebelles" restent donc seuls dans le camp. Pour la première fois, ils choisissent eux-mêmes leurs chefs. Après Baltaïs, qui négocie sans résultat avec les émissaires de Kerenski leur retour en Russie, c’est un Ukrainien, Globa, qui prend la tête des rebelles.

Pendant les négociations, les soldats aident la population dans ses travaux agricoles. Effrayé par l’influence des russes en pleine révolte sur la population locale, l’État-major français envoie début août trois mille soldats français encercler le camp. Les consignes sont strictes : utiliser la force en cas d’insubordination.

A partir de là, la tragédie suit son cours inéluctable. Le 12 septembre, la population civile est évacuée. Le 14 septembre, le Général Commandant du Corps Expéditionnaire russe donne 48 heures aux mutins pour se rendre. Mais, le 16 septembre, aucun mutin ne s’y résout. Pendant que les musiciens jouent la Marseillaise et la Marche Funèbre de Chopin, les premiers obus atterrissent sur le camp, et les mutins se réfugient dans les casernes. Le lendemain, les coups de canons reprennent. Les redditions se multiplient, mais une centaine des plus déterminés, assiégés et bombardés, résiste. Enfin, le 19 septembre, les derniers mutins se rendent.

Le bilan officiel est de 9 morts chez les mutins. Le bilan officieux, établi par différents historiens, fait lui état d’au moins une centaine de morts et de blessés. 81 meneurs seront incarcérés à l’Île d’Aix. Après la répression, il restera à La Courtine 7 500 soldats russes ne jouissant d’aucune liberté, et les comités seront dissous. "Libérés" sous réserve de travail forcé, ce n’est qu’en 1919 que ceux qui le désirent pourront rentrer chez eux en échange de prisonniers français.

Finalement, l’histoire aura laissé une ironie dans ces terribles évènements : venu jusqu’en Russie tsariste chercher des hommes à envoyer se faire massacrer en silence pour la cause impérialiste, le gouvernement français s’est trouvé avoir ramené sur son territoire des citoyens enthousiastes de la Russie révolutionnaire. De leur côté, Kerenski et son gouvernement ont payé leur lâcheté au prix fort. Quelques mois après avoir refusé le rapatriement aux mutins, le gouvernement de Kerenski s’est fait balayer par la nouvelle vague insurrectionnelle qui porta au pouvoir les soviets des travailleurs, soldats et paysans russes.