dimanche 11 novembre 2007

DARFOUR et les FEMMES

Tchad : la tragédie des femmes du Darfour

Abéché LÉONARD SCHRIK.

Publié le 11 août 2007

Actualisé le 11 août 2007 : 20h51

http://www.lefigaro.fr/international/20070811.FIG000000583_tchad_la_tragedie_des_femmes_du_darfour.html

Utilisés comme une arme de guerre, les viols ont déjà fait plusieurs milliers de victimes parmi les réfugiées au Tchad.

LA JEUNE fille raconte son viol d'une voix timide, le visage enveloppé dans un tarha, le voile islamique des femmes du Darfour. « C'était il y a un an, juste avant le ramadan. Nous étions parties chercher de l'eau avec ma cousine à l'extérieur du village. Cinq hommes en djellaba blanche sont arrivés à dos de chameaux. Ils nous ont menacées avec leurs fusils. (...) Trois d'entre eux ont violé ma cousine à tour de rôle. Les deux autres me battaient à coups de cravache en me traitant de sale noire. (...) Ma cousine a été égorgée et j'ai été abandonnée nue après avoir été violée. »

L'adolescente est formelle : ses agresseurs étaient des Djandjawid, ces miliciens arabes armés par le Soudan qui opèrent dans le Darfour pour terroriser les populations dont sont issus les groupes rebelles qui se battent contre Khartoum depuis 2003. Utilisés comme une arme de guerre, les viols ont déjà fait plusieurs milliers de victimes. « Au moins 15 000, peut-être le triple », affirme un membre de la Cour pénale internationale (CPI) qui enquête dans l'est du Tchad, une région frontalière du Soudan où sont réfugiés 230 000 habitants du Darfour. Près de 80 % d'entre eux sont des femmes et des enfants. Beaucoup d'hommes sont morts, ou restés au village pour protéger le bétail.

Esclaves sexuels

Khadija élève seule ses deux filles dans le camp de Treguine situé à trois heures de piste d'Abéché, la capitale administrative du Tchad oriental où sont basées la plupart des organisations non gouvernementales (ONG) opérant dans la zone. Logées dans une hutte en terre poussiéreuse recouverte d'une bâche en plastique, les trois femmes survivent grâce à l'aide internationale et ne sortent jamais du camp. « C'est trop dangereux, dit Khadija, beaucoup de filles sont violées lorsqu'elles partent ramasser du bois. » Militaires et rebelles tchadiens, qui pullulent dans la région, ne sont pas les seuls prédateurs.

« Le stress et la frustration génèrent aussi des violences sexuelles parmi les hommes réfugiés », affirme la responsable du programme psychosocial d'une ONG européenne. Les adolescentes sont les plus exposées. Les Toroboro, les rebelles soudanais qui écument les camps à la recherche d'enfants à recruter comme combattants, s'en servent parfois d'esclaves sexuelles. Les risques de propagation du VIH, le virus du sida, qui en découlent, sont d'autant plus grands que toutes les gamines ont subi, entre 8 et 12 ans, une infibulation, la forme la plus mutilante de l'excision : ablation du clitoris et des grandes et petites lèvres avec suture du sexe.

Pour protéger leurs filles, les parents préfèrent les marier très jeunes. Celles qui résistent à ces mariages forcés peuvent être tuées. Dans cette société ultraconservatrice, où « une femme équivaut à la moitié d'un homme », un refus est vécu comme une humiliation par toute la famille.

Déshonneur familial

En mai dernier, le directeur de la Voix du Ouaddaï, une radio communautaire fondée par une ONG américaine, a assisté à une tentative de « crime d'honneur » : « Une adolescente courait en hurlant poursuivie par son frère armé d'un couteau. Le garçon a chuté et sa soeur s'est enfuie. D'autres hommes l'ont rattrapée, jetée à terre, traînée par les cheveux et rouée de coups jusqu'au sang. » L'adolescente, qui avait refusé le mariage arrangé par sa famille, a été retrouvée - grièvement blessée mais vivante - par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) qui l'a évacuée vers un autre camp.

Sa mère a été conviée à une réunion de sensibilisation organisée par un « comité de femmes réfugiées ». Le HCR en a créé dans chaque camp pour permettre aux femmes d'exprimer librement leurs souffrances et leurs besoins. « La tradition veut qu'elles soient soumises à leur mari et elles n'ont souvent aucun recours en cas d'abus », explique une des coordinatrices de ce programme. « Quant au viol, poursuit-elle, il est vécu comme un déshonneur familial et social. Les victimes préfèrent donc se taire, car elles risquent d'être répudiées par leur mari ou de ne jamais pouvoir se marier. »

Les femmes qui osent rompre le silence sont souvent celles qui se sont trouvées enceintes après leur viol. Elles le font par détresse ou pour éviter que leur nourrisson soit discrètement tué après l'accouchement.

Ultraminoritaires dans les camps, les hommes n'en restent pas moins omnipotents dans les conseils de réfugiés qui contrôlent étroitement les activités des ONG. Ils font souvent barrage aux programmes de soutien aux femmes, qu'ils perçoivent comme une forme de néocolonialisme occidental.

« J'ai été expulsée manu militari d'un camp, au motif que je voulais recoloniser la région », raconte une Européenne travaillant pour une agence des Nations unies. Résultat : les organisations travaillant sur la promotion des femmes, par l'éducation ou l'octroi de microcrédits, n'envoient sur le terrain que des personnels originaires de pays africains.

L'excision reste la norme

La lutte contre les discriminations sexistes génère aussi des crispations dans les communautés tchadiennes qui bénéficient également de l'aide humanitaire. Le sort des femmes n'y est guère plus enviable qu'au Darfour. L'excision reste la norme - en dépit d'une loi récente la criminalisant - et les filles passent plus de temps à travailler qu'à étudier. L'école du village d'Hamleyouna ne compte qu'une seule élève. « Les parents n'inscrivent que les garçons, regrette l'instituteur, ils disent que la place d'une fille est aux champs et dans le foyer. »

Beaucoup sont mariées à l'adolescence, avec une dot qui se calcule en têtes de bétail, et elles ne découvrent le visage de leur époux que le jour de leur noce. Quant à la cérémonie, durant laquelle le marié brandit un fouet, elle donne le ton d'une vie conjugale qui se déroulera en général dans un foyer polygame. À l'est du Tchad, la richesse d'un homme se mesure au nombre de femmes qu'il épouse, et à la descendance qu'il engendre. Ibrahim Mahamat, un commerçant d'Abéché, voudrait « quatre femmes ». Il a en déjà deux. Elles lui ont donné « trois enfants et cinq filles ».

IRAK POGNON Suite

La Réserve fédérale américaine a expédié en Irak près de 12 milliards en espèces. L'essentiel de cette somme a disparu dans la nature.

http://www.ledevoir.com/2007/02/09/130483.html

De mai 2003 à juin 2004, alors que l'Irak était placé sous le contrôle de l'Autorité provisoire de la coalition (CPA), les Américains y ont pour ainsi dire perdu la trace de près de 12 milliards de dollars en argent comptant qu'ils avaient emballés et expédiés sur place par avions-cargos. Et même celui qui devait en superviser la distribution, le responsable américain Paul Bremer, avoue qu'il ignore complètement ce qu'est devenu l'argent qui avait alors été remis aux différents ministères irakiens pour répondre à un urgent besoin de liquiditées.

Le président démocrate de la commission sur la réforme du gouvernement, Henry Waxman, n'a pas manqué de rappeler cet épisode pour le moins étonnant mardi, au Congrès, lors de l'audition de sa commission sur la fraude en Irak, chargée notamment «d'évaluer les actions de l'Autorité provisoire de la coalition». En guise de preuve, il a d'ailleurs exhibé des photos de billets compressés sur des palettes de bois, prêts pour l'embarquement. Au total, on parle de 363 tonnes de billets, surtout des coupures de 100 $, qui ont été expédiés en Irak à bord d'avions-cargos C-130.

«En treize mois, entre mai 2003 et juin 2004, la Réserve fédérale à New York a expédié en Irak près de 12 milliards de dollars en espèces, a-t-il expliqué. Pour ce faire, elle a dû emballer 281 millions de billets, dont 107 millions de billets de 100 $. Les chiffres sont si importants qu'il paraît impossible qu'ils soient vrais.» «Quel individu sain d'esprit enverrait 363 tonnes d'argent comptant dans une zone de conflit? Pourtant, c'est exactement ce que notre gouvernement a fait», a lancé par la suite M. Waxman.

Si les faits ont été établis pour l'essentiel en 2005 par l'inspecteur général pour la reconstruction de l'Irak, Stuart Bowen, la destination des fonds n'a jamais été élucidée. On sait toutefois qu'il ne s'agit pas de deniers provenant du gousset américain. D'ailleurs, Paul Bremer et le ministre de la Défense, Donald Rumsfeld, ont veillé à ce que la reconstruction de l'Irak soit financée par le pays «libéré», c'est-à-dire par les Irakiens eux-mêmes.

En fait, lorsque M. Bremer, l'ancien responsable américain à Bagdad, est arrivé en Irak, en mai 2003, il restait six milliards de dollars du programme Pétrole contre nourriture des Nations unies. Il pouvait aussi compter sur des avoirs saisis et gelés, ainsi que sur au moins 10 milliards de dollars générés par la reprise des exportations pétrolières. En vertu de la résolution 1483 du Conseil de sécurité, votée le 22 mai 2003, tous ces fonds ont été transférés sur un nouveau compte ouvert auprès de la Réserve fédérale de New York, le «Fonds de développement pour l'Irak». Ils étaient destinés aux dépenses de l'Autorité provisoire de la coalition «dans la transparence [...] au profit du peuple irakien».

Paul Bremer, qui a dirigé la CPA de mai 2003 à juin 2004, a pourtant reconnu cette semaine qu'il ignorait ce qu'était devenu l'argent qui avait été remis aux différents ministères irakiens. Chose certaine, les milliards de dollars n'ont pas tous servis à la reconstruction. Pour justifier ce «flou», M. Bremer a rappelé la situation de «chaos» qui prévalait alors en Irak, un pays privé de banques et d'ordinateurs, ce qui avait obligé ses services à régler les dépenses en espèces. Il a ainsi soutenu ne connaître «personne ayant séjourné pendant une durée significative en Irak qui pense qu'il était possible, dans les conditions où nous travaillions», d'arriver à contrôler étroitement l'utilisation des fonds distribués aux responsables irakiens.

«Pour moi, cette situation exigeait une surveillance plus étroite, un mécanisme permettant au gouvernement intérimaire d'être informé sur l'usage de l'argent», a rétorqué l'auteur de l'audit qui avait révélé l'affaire, Stuart Bowen, appelé à témoigner en même temps que M. Bremer. M. Bowen estime d'ailleurs que le laxisme dans la gestion de la CPA s'applique à l'ensemble des 20 milliards qu'elle a dépensés. Cette Autorité provisoire a été établie par les États-Unis et les autres pays de la coalition après l'invasion de l'Irak en mars 2003. Elle a été dissoute en juin 2004 lors du transfert de pouvoir aux autorités irakiennes.

«Est-il possible que cet argent soit tombé aux mains de ceux qui nous attaquent et que nous ayons en fait financé nos ennemis?», a demandé pour sa part M. Waxman. «Si une telle hypothèse était prouvée, je serais préoccupé», a répondu M. Bremer, qui apparaissait devant le Congrès pour la première fois depuis trois ans. Une hypothèse soulevée par des membres de la CPA dans une note interne datant de mai 2004. «Beaucoup de fonds ont été perdus en corruption et en gaspillage. [...] Des milliers d'employés "fantômes" ont reçu de l'argent de ministères irakiens contrôlés par l'Autorité provisoire. Certains de ces fonds ont pu enrichir des criminels et des insurgés.»

Processus douteux

Les «irrégularités financières» décrites dans les rapports d'audit effectués par des agences fédérales américaines et par des agences travaillant pour la communauté internationale donnent en effet un aperçu de la mentalité et des méthodes des autorités d'occupation américaines. Elles distribuaient carrément des camions entiers de billets verts pour lesquels ni elles ni les bénéficiaires n'estimaient devoir rendre des comptes. Les masses de capitaux saupoudrés un peu partout devaient servir à remettre sur pied l'économie irakienne, complètement anéantie.

Et les exemples de «laisser-aller» ne manquent pas. Ainsi, la CPA disposait de près de 600 millions de dollars en espèces, dont il ne reste aucune trace écrite: sur cette somme, 200 millions de dollars étaient conservés dans une pièce de l'un des palais de Saddam Hussein. Le soldat américain qui en avait la garde mettait la clé dans son sac à dos, qu'il laissait sur son bureau quand il partait déjeuner. Tout cet argent irakien, et non américain, était le plus souvent gardé dans des endroits non sécurisés, comme des bureaux de ministères.

Au moment de transmettre le pouvoir à un gouvernement irakien intérimaire, les autorités américaines ont en outre procédé à une véritable liquidation des fonds irakiens envoyés des États-Unis. À une semaine de la transition, un haut responsable s'est ainsi vu confier 6,75 millions de dollars avec pour mandat de tout dépenser avant la passation des pouvoirs. Un autre s'est vu remettre 25 millions en liquide, une somme pour laquelle les services de Bremer ont reconnu ne posséder «aucun justificatif».

Par ailleurs, alors que M. Bremer était censé gérer ces fonds irakiens dans la transparence, ce n'est qu'en octobre 2003, soit six mois après la chute de Saddam Hussein, qu'a été mis en place un contrôle financier international des dépenses de la CPA à travers le Conseil international consultatif et de contrôle, qui comprend des représentants des Nations unies, de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international et du Fonds arabe pour le développement économique et social.

On a ainsi découvert, après la transition, que la CPA ne tenait pas de comptes pour les centaines de millions de dollars en espèces gardés dans ses coffres, qu'elle avait accordé sans appels d'offres des milliards de dollars de contrats à des entreprises américaines et qu'elle ne savait absolument pas ce qu'était devenu l'argent du Fonds de développement pour l'Irak dépensé par les ministères du gouvernement provisoire irakien.

Le Congrès américain avait pour sa part décidé de consacrer 18,4 milliards de dollars de l'argent des contribuables américains à la reconstruction de l'Irak. Toutefois, lorsque M. Bremer a quitté Bagdad, à la fin de juin 2004, l'Autorité provisoire avait déjà dépensé 20 milliards de dollars de l'argent irakien, contre 300 millions de dollars de fonds américains.

La reconstruction de l'Irak représente le plus important programme d'occupation mené sous la houlette des Américains depuis le plan Marshall -- mais, dans ce dernier cas, c'est le gouvernement américain qui payait.

Le Devoir

Avec l'Agence France-Presse, la BBC, The Guardian, Le Monde et Reuters

IRAK POGNON suréaliste!

Irak: des tonnes de dollars évaporées

RECONSTRUCTION. Corruption à tous les étages, gestion laxiste. Les comptes en Irak mettent l'administration Bush sous le feu du Congrès.

Baudouin Loos
Vendredi 9 février 2007

Le nouveau Congrès à majorité démocrate tient sa promesse: il enquête sur les comptes en Irak. Et ses découvertes ne manquent pas de sel. Opposant notoire à la guerre, Henry Waxman, le président démocrate de la Commission de la Chambre des représentants sur la réforme du gouvernement, a ainsi ouvert le feu mardi avec une intervention qui fera date: «En treize mois, entre mai 2003 et juin 2004, la Réserve fédérale à New York a expédié en Irak près de 12 milliards de dollars en espèces, a-t-il lancé. Pour ce faire, elle a dû emballer 281 millions de billets, dont 107 millions de billets de 100 dollars. Les chiffres sont si importants qu'il paraît impossible qu'ils soient vrais.»

«Employés fantômes»

Les images les plus cruelles? Des photographies de billets de banque embarqués par palettes entières à destination de Bagdad dans des avions C-130. Trois cent soixante-trois tonnes de billets sur 484 palettes. Le plus grand transfert de cash de l'histoire de la Réserve fédérale... Mais le pire se situe ailleurs: l'argent a été dépensé ou a disparu dans d'improbables circuits. Selon Stuart Bowen, l'inspecteur spécial pour la reconstruction de l'Irak, 8,8 milliards de dollars ont été distribués «sans certitude que l'argent serait utilisé correctement». Le mémorandum remis à la Commission Waxman exprime son pessimisme: «Il apparaît que beaucoup de ces fonds ont été perdus par corruption ou gaspillage, des milliers d'«employés fantômes» recevaient des sommes de l'Autorité provisoire de la coalition (CPA, sous contrôle américain). Certains de ces fonds pourraient avoir enrichi des criminels et des insurgés qui combattent les Etats-Unis.»

Organe de gestion de l'occupation, la CPA régna en Irak jusqu'à sa dissolution fin juin 2004, quand le pouvoir fut officiellement transmis aux autorités irakiennes. Son chef, Paul Bremer, a été entendu par la Commission Waxman le 6 février. «Il n'existait pas de système bancaire, s'est-il défendu, nous devions payer les Irakiens en liquide, l'argent provenait d'ailleurs surtout des ventes de pétrole irakien.»

Un détail: le mémorandum précise que l'argent dépensé de cette manière par le CPA venait de ces ventes ainsi que des surplus de l'ancien programme «Pétrole contre nourriture» datant de l'ère Saddam Hussein, et aussi de capitaux irakiens confisqués par les Etats-Unis.

Mais le sort de l'argent du contribuable américain n'échappe pas non plus à la critique. Le Trésor américain a déjà dépensé environ 300 milliards de dollars (232 milliards d'euros), dont 21 milliards pour la reconstruction. Selon le dernier rapport de l'inspecteur général Stuart Bowen, remis le 31 janvier, des dizaines de millions de dollars destinés à la reconstruction ont été gaspillés par l'administration américaine, notamment dans des projets tels qu'une piscine olympique jamais utilisée ou pour du matériel militaire dont on a perdu la trace.

La corruption ne concerne pas que les Irakiens. En atteste l'inculpation mercredi de trois officiers supérieurs de l'armée américaine et d'un homme d'affaires dans une affaire de pots-de-vin dans la reconstruction dans la région de Hilla, au sud de Bagdad. Les chefs d'inculpation retenus: corruption, association de malfaiteurs et escroquerie. A propos de cette ville irakienne, un ancien responsable du CPA, Robert Stein, a été condamné le 5 février dernier à 9 ans de prison pour avoir participé à un réseau de marchés truqués et de blanchiment d'argent. Un de ses complices, l'homme d'affaires américain Michael Morris, a été arrêté hier à Bucarest, en Roumanie, et devrait être extradé.

Ces nouvelles tombent bien mal pour le président George Bush, qui s'apprête à solliciter le Congrès pour une rallonge budgétaire de 1,2 milliard de dollars pour la reconstruction en Irak. Stuart Bowen estime dans son rapport que la reconstruction connaît «à ce jour un succès limité». C'est ce qu'on appelle en anglais un understatement.

http://www.bladi.net/forum/91118-irak-tonnes-dollars-evaporees/

IRAK PENTAGONE ARMES

Le Pentagone a perdu trace d'un tiers des armes distribuées aux forces irakiennes

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3218,36-942163,0.html?xtor=RSS-3208

LEMONDE.FR | 06.08.07 | 10h39 • Mis à jour le 06.08.07 | 10h44

Le Pentagone ignore ce que sont devenus 190 000 fusils d'assaut Kalachnikov ainsi que des pistolets fournis en 2004 et 2005 aux forces de sécurité en Irak, selon un rapport fédéral officiel décrypté, lundi 6 août, par le Washington Post. Le quotidien américain suppose que ces armes ont pu tomber entre les mains des insurgés qui combattent les troupes américaines.

Le rapport, qui émane du Gouvernment accountability office (GAO) – l'équivalent de la Cour des comptes – souligne que l'Etat major de l'armée américaine a perdu trace de 30 % des armes distribuées aux forces irakiennes entre 2004 et début 2007. Jusqu'à présent, seules 14 000 armes manquaient à l'inventaire, selon un rapport rendu public en 2006 par l'inspecteur général américain pour la reconstruction de l'Irak.

"UN ENNEMI ÉQUIPÉ PAR LES CONTRIBUABLES AMÉRICAINS" ?

Le GAO estime que les Etats-Unis ont dépensé 19,2 milliards de dollars (13,8 milliards d'euros) pour financer les forces de sécurité irakiennes depuis 2003, dont au moins 2,8 milliards d'équipement. L'instance de contrôle de l'administration fédérale juge que la distribution des armes s'est faite à l'aveuglette et dans l'urgence, notamment en 2004 et 2005, lorsque l'entraînement des forces de sécurité était supervisé par le général David H. Petraeus, devenu depuis commandant en chef des forces américaines en Irak.

Le Pentagone n'a pas contesté les conclusions du GAO. Le Washington Post finit lui sur ces mots : "Même si les contrôles ont été resserrés depuis 2005, l'incapacité des Etats-Unis à suivre la trace de ces armes, en utilisant par exemple leur numéro de série, fait qu'il est impossible pour l'armée américaine de savoir si elle combat un ennemi équipé par les contribuables américains."

Le Monde.fr

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