vendredi 30 novembre 2007

SZOVJET GULAG

A explorer (En Hongrois malheureusement)

http://www.gulag.hu/index.htm

Calculez vos émissions de gaz à effet de serre sur votre GSM

La Commission européenne vient de mettre gratuitement à disposition du public une application pour téléphone portable qui permet à tout un chacun de se rendre compte de l'effet de ses choix quotidiens les plus anodins sur le climat.

Baptisé MobGAS, ce logiciel téléchargeable sur le site http://mobgas.jrc.ec.europa.eu/mobgas/app/MainPage.po?, permet de mesurer les dégagements de CO2, de méthane et de protoxyde liées aux activités de tous les jours les plus anodines.

"Les comportements individuels, notamment la manière de se déplacer, les appareils électriques utilisés, la nourriture consommée, peuvent vraiment faire la différence du point de vue des émissions. Le choix de vie et de consommation sont un facteur capital, c'est pourquoi il est important que les gens soient au courant des incidences de leurs choix personnels", souligne la Commission européenne.
Voir l'impact de ses émissions pour changer son comportement.

Sur base des données encodées chaque jour, l'utilisateur pourra calculer (sur un site internet sécurisé) l'évolution de ses émissions sur une semaine ou sur un mois, et voir ainsi l'impact des éventuels changements de comportement qu'il aura adoptés.

L'application comprend également une animation indiquant la contribution de chaque utilisateur aux objectifs du protocole de Kyoto sur les réductions d'émissions de gaz à effet de serre.

Le retour des méduses tueuses.

Un banc de méduses a attaqué et tué la totalité des saumons du seul élevage d'Irlande du Nord, un préjudice estimé à plus d'un million de livres sterling (1,38 million d'euros).

Les méduses, qui couvraient une superficie de près de 26 kilomètres carrés, se sont engouffrées la semaine dernière dans les cages de la Northern Salmon Company, au large des côtes du comté d'Antrim et ont fait suffoquer 100.000 poissons, a déclaré jeudi à Reuters le directeur de la société John Russell.

"Tout est purement dévasté (...) Cela fait 30 ans que je travaille dans l'élevage de saumons et je n'avais jamais rien vu de tel", s'est-il exclamé.

La méduse responsable de ce carnage, dans une région particulièrement touristique, appartient à une espèce appelée "le piqueur mauve", que l'on trouve le plus souvent dans les eaux chaudes de la Méditerranée.


Russell a dit craindre pour l'emploi des douze salariés de son entreprise, créée voici 20 ans, et a entamé des négociations avec le gouvernement nord-irlandais pour solliciter une aide.

http://dixiemefosse.blogspot.com/

TOP PHOTOS






Ingrid Betancourt


ELLE EST VIVANTE!

http://www.dailymotion.com/video/x3mmz4_la-video-de-ingrid-betancourt-en-vi_news


Autre lien

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/20071130.OBS7638/uribe_affirme_quingrid_betancourt_a_ete_torturee_par_le.html?idfx=RSS_not

jeudi 29 novembre 2007

Le Moyen Age n'est pas loin

Pour un peu il fallait qu'elle dise merci!

L'enseignante britannique arrêtée au Soudan et inculpée pour atteinte à l'islam, incitation à la haine et sédition a été condamnée, jeudi 29 novembre, à quinze jours de prison et à l'expulsion définitive du territoire soudanais, a expliqué un de ses avocats. "Le juge a estimé que Gillian Gibbons était coupable", a affirmé Ali Mohammed Hajab, à la sortie du tribunal de Khartoum-Nord. Un autre de ses défenseurs a précisé que Mme Gibbons devra purger sa peine 'à partir du jour de son arrestation'.

"C'est un verdict très juste, a estimé Robert Boulos, directeur de l'école qui employait l'institutrice. Elle aurait pu être condamnée à six mois [de prison], des coups de fouet et une amende, et elle n'a eu que quinze jours." Mme Gibbons risquait jusqu'à un an de prison ou quarante coups de fouet pour avoir permis à ses élèves de baptiser un ours en peluche "Mahomet".

LONDRES "EXTRÊMEMENT DÉÇU"

Le cas de Mme Gibbons, arrêtée dimanche après que des plaintes avaient été déposées à son encontre au ministère de l'éducation soudanais, a provoqué des tensions diplomatiques entre Londres et Khartoum. A la suite de sa condamnation, le ministère des affaires étrangères britannique a fait savoir qu'il était "extrêmement déçu" par la décision de justice.

Avant même la condamnation, des diplomates soudanais avaient pourtant jugé "improbable" toute condamnation de l'enseignante. "Mme Gibbons bénéficie d'un soutien consulaire. Il n'y a aucune inquiétude à avoir de ce côté, elle sera bien défendue et bien traitée (...). Au cas improbable où elle serait condamnée, il y a un processus d'appel", avait déclaré le porte-parole de l'ambassade du Soudan à Londres.


Suite

Manifestation hostile à l'enseignante britannique au Soudan


Plusieurs centaines de personnes ont manifesté vendredi, après la prière, dans le centre de Khartoum, pour dénoncer la clémence du jugement prononcé jeudi contre une enseignante britannique accusée d'insulte à l'islam.

«Punie par balles»

Gillian Gibbons, une enseignante de 54 ans originaire de Liverpool, dans le nord de l'Angleterre, a été condamnée jeudi soir à 15 jours de prison et à être ensuite expulsée du pays pour avoir laissé des élèves de 6 à 7 ans donner à un ours en peluche le nom de Mohammad, nom du prophète (écrit souvent Mahomet en français). En vertu de l'article 125 du code pénal soudanais, elle était passible de six mois de prison, de 40 coups de fouet et d'une amende.

Les manifestants, qui ont convergé de diverses mosquées de la ville à l'appel du Comité des oulémas du Soudan et des partisans du prophète, criaient plusieurs slogans, dont l'un demandant de «punir par des balles ceux qui insultent le prophète». L'un des imams présents, cheikh Hussein Moubarak, a dénoncé «ceux qui prétendent défendre la démocratie et les droits de l'Homme et insultent le prophète». Il les a accusés de «vouloir transformer le Soudan en un Etat chrétien», affirmant que l'enseignante britannique était venue au Soudan avec «ce dessein».

Le porte-parole de l'ambassade britannique à Khartoum n'a pas voulu préciser le lieu de détention de l'enseignante mais indiqué qu'elle gardait «un bon moral». «Le consul et l'adjoint de l'ambassadeur lui ont rendu visite ce matin et elle va bien», a déclaré ce porte-parole.

Mauvaises relations entre Khartoum et Londres

Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a indiqué rechercher une «solution rapide» de l'affaire qui a pris une tournure diplomatique sur fond de mauvaises relations entre Khartoum et Londres.

20Minutes.fr, éditions du 30/11/2007 - 13h44

Lettre au capitaine Butler

UN EXPLOIT DES FRANCAIS EN CHINE


Lettre au capitaine Butler - Victor Hugo et Le sac du palais d'été

L'empereur Xianfeng est en fuite. Il a abandonné Pékin aux troupes anglo-françaises qui, le 6 octobre 1860, envahissent sa résidence d'été, d'une beauté exceptionnelle, la saccagent, la dévastent. Ce pillage, qui marquera la seconde guerre de l'opium, indigne certains témoins occidentaux. Victor Hugo, lui, ne connaît cette « merveille du monde » qu'à travers le récit des voyageurs, mais, d'emblée, il prend le parti des civilisés, les Chinois, contre les barbares.

Hauteville House, 25 novembre 1861
Vous me demandez mon avis, monsieur, sur l'expédition de Chine. Vous trouvez cette expédition honorable et belle, et vous êtes assez bon pour attacher quelque prix à mon sentiment ; selon vous, l'expédition de Chine, faite sous le double pavillon de la reine Victoria et de l'empereur Napoléon, est une gloire à partager entre la France et l'Angleterre, et vous désirez savoir quelle est la quantité d'approbation que je crois pouvoir donner à cette victoire anglaise et française.
Puisque vous voulez connaître mon avis, le voici :
ll y avait, dans un coin du monde, une merveille du monde ; cette merveille s'appelait le Palais d'été. L'art a deux principes, l'Idée qui produit l'art européen, et la Chimère qui produit l'art oriental. Le Palais d'été était à l'art chimérique ce que le Parthénon est à l'art idéal. Tout ce que peut enfanter l'imagination d'un peuple presque extra-humain était là. Ce n'était pas, comme le Parthénon, une œuvre rare et unique ; c'était une sorte d'énorme modèle de la chimère, si la chimère peut avoir un modèle.
Imaginez on ne sait quelle construction inexprimable, quelque chose comme un édifice lunaire, et vous aurez le Palais d'été. Bâtissez un songe avec du marbre, du jade, du bronze, de la porcelaine, charpentez-le en bois de cèdre, couvrez-le de pierreries, drapez-le de soie, faites-le ici sanctuaire, là harem, là citadelle, mettez-y des dieux, mettez-y des monstres, vernissez-le, émaillez-le, dorez-le, fardez-le, faites construire par des architectes qui soient des poètes les mille et un rêves des mille et une nuits, ajoutez des jardins, des bassins, des jaillissements d'eau et d'écume, des cygnes, des ibis, des paons, supposez en un mot une sorte d'éblouissante caverne de la fantaisie humaine ayant une figure de temple et de palais, c'était là ce monument. Il avait fallu, pour le créer, le lent travail de deux générations. Cet édifice, qui avait l'énormité d'une ville, avait été bâti par les siècles, pour qui ? pour les peuples. Car ce que fait le temps appartient à l'homme. Les artistes, les poètes, les philosophes, connaissaient le Palais d'été ; Voltaire en parle. On disait : le Parthénon en Grèce, les Pyramides en Egypte, le Colisée à Rome, Notre-Dame à Paris, le Palais d'été en Orient. Si on ne le voyait pas, on le rêvait. C'était une sorte d'effrayant chef-d'œuvre inconnu entrevu au loin dans on ne sait quel crépuscule, comme une silhouette de la civilisation d'Asie sur l'horizon de la civilisation d'Europe.Cette merveille a disparu.
Un jour, deux bandits sont entrés dans le Palais d'été. L'un a pillé, l'autre a incendié. La victoire peut être une voleuse, à ce qu'il paraît. Une dévastation en grand du Palais d'été s'est faite de compte à demi entre les deux vainqueurs. On voit mêlé à tout cela le nom d'Elgin, qui a la propriété fatale de rappeler le Parthénon. Ce qu'on avait fait au Parthénon, on l'a fait au Palais d'été, plus complètement et mieux, de manière à ne rien laisser. Tous les trésors de toutes nos cathédrales réunies n'égaleraient pas ce splendide et formidable musée de l'orient. Il n'y avait pas seulement là des chefs-d'œuvre d'art, il y avait un entassement d'orfèvreries. Grand exploit, bonne aubaine. L'un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l'autre a empli ses coffres ; et l'on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l'histoire des deux bandits.
Nous, Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous, les Chinois sont les barbares. Voila ce que la civilisation a fait à la barbarie.
Devant l'histoire, l'un des deux bandits s'appellera la France, l'autre s'appellera l'Angleterre. Mais je proteste, et je vous remercie de m'en donner l'occasion ; les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais.
L'empire français a empoché la moitié de cette victoire et il étale aujourd'hui avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du Palais d'été.
J'espère qu'un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée.
En attendant, il y a un vol et deux voleurs, je le constate.
Telle est, monsieur, la quantité d'approbation que je donne à l'expédition de Chine.

Journaliste assassiné !

REMEMBER

video

LA DEPRESSION


La Dépression est une maladie qui ne cesse de croitre dans le monde occidental, elle concernerait plus de 3 millions de personnes en France!



C'est pour faire prendre conscience de la gravité de cette maladie qui touche 3 millions de Français que le ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, associé à l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), lance la première campagne d’information nationale sur la dépression. un guide explicatif à été édité 500 000 exemplaires, destiné au grand public ainsi qu'un site internet info-depression.fr. Un spot de 30 secondes reprenant les illustrations du guide est diffusé ce mois-ci à la télé.

La Dépression est une maladie qui ne cesse de croitre dans le monde occidental, elle concernerait plus de 3 millions de personnes en France!


http://www.youtube.com/watch?v=8ohnn4cFYf0

dimanche 25 novembre 2007

Yémen: jugé pour avoir osé parler d'une guerre oubliée

Par François-Xavier Trégan (Journaliste) 12H30 25/11/2007

(De Sanaa) "Diffusion et publication d’informations susceptibles d’affaiblir le moral de l’armée": cette accusation pourrait coûter la vie à Abd al-Karim al-Khaiwani, poursuivi par la Cour de sûreté de l’Etat, à Sanaa. La justice réproche à ce journaliste yéménite sa narration trop détaillée de la guerre de Saada. Depuis 2004, le groupe chiite modéré de la Jeunesse croyante affronte les autorités armes à la main dans ce gouvernorat du Nord du pays.

Al-Khaiwani n’est pas seulement mis en accusation pour avoir fait son travail de journaliste: il tombe aussi sous le chef d’accusation d’activités terroristes, pour ses relations présumées avec le groupe de rebelles. En fait, sa couverture du conflit a fourni un argument aisé pour ceux qui ne supportent que modérément ses nombreuses enquêtes sur la corruption ou la redistribution des revenus pétroliers... Alors que Reporters sans frontières a récemment demandé l'abandon des poursuites, Al-Khaiwani est devenu le symbole de la liberté d’expression dans un pays où le pouvoir a du mal à accepter la contradiction.

Accusé de pactiser avec les rebelles

Saada est une guerre qui ne dit pas son nom. Les combats, récurrents depuis juin 2004, ont repris avec intensité en janvier 2007. Le gouvernement yéménite a alors décrété un embargo médiatique sur ce conflit, qui se déroule aux portes de l’Arabie Saoudite, à 200 km au nord de Sanaa. Un cessez le feu, fragile, a été conclu l’été dernier. Dans ce contexte, parler de la guerre oubliée de Saada revient à franchir une ligne rouge.

Une ligne qu'Al-Khaiwani, reporter pour le journal al-Choura, proche de l'opposition, n’a pas hésité à franchir. Officiellement, la justice ne l’accuse pas d’avoir porté dans la lumière les nombreuses zones d’ombres qui entourent les opérations militaires en cours dans ce gouvernorat du Nord. Elle ne l’accuse pas non plus d’avoir dénoncé les exactions commises par les forces de sécurité, et dont les populations civiles auraient été les premières victimes.

Elle lui reproche plus simplement d’avoir pactisé avec les rebelles chiites, en portant à la connaissance du public la face cachée du conflit, patinée d’allégeances en tous genres et de manoeuvres corruptrices. Pire, Khaiwani est suspecté d’être un agent de l’ennemi, ses articles étant associés à la promotion complice des idées et des motivations du groupe chiite. On l’accuse donc d’être un membre de la cellule dite "de Sanaa", destinée à frapper la capitale. Il comparaît ainsi aux côtés de 14 autres prévenus.

Articles à charge contre de hautes personnalités de l'Etat

Cela fait beaucoup pour un seul homme, reconnaît un de ses conseillers juridiques, Khaled Anisi, qui avoue ne plus trop savoir quel est aujourd’hui le principal chef d’accusation qui pèse contre Khaiwani. Ce dernier sourit presque de la situation. Officiellement, il se retrouve devant la cour de sûreté pour avoir reçu, d’un contact à Saada, un CD de photographies sur le conflit. Pour la justice, cela démontre l’étroitesse des liens coupables du journaliste avec les rebelles... Mais lorsque le juge a, dans le cadre de l'enquête, interrogé Khaiwani, il n’a été question que d’articles non publiés, tous à charge, contre les plus hautes personnalités de l’Etat... "On veut me présenter au Yémen comme un traitre, et à l’étranger comme un terroriste", résume Al-Khaiwani. Un argument qui peut trouver preneur sur la scène internationale, sensible à l’unité et à la sécurité du pays.

Khaiwani supporte depuis maintenant trois années intimidations, emprisonnements, violences et pressions en tous genres pour le faire taire. Il se sent en danger, et a d’ores et déjà publiquement rendu responsable le président Saleh de toute atteinte éventuelle à sa vie ou à celle des membres de sa famille. Son journal, après avoir été suspendu, est reparu en adoptant un phrasé plus favorable à l’action du gouvernement....et hostile à son ancien rédacteur en chef.

Al-Khaiwani est devenu une cible pour la Cour de Sûreté de l’Etat. La compétence juridique de cette cour, comme le bienfondé des poursuites, sont fortement contestés par ses trois avocats et nombre d’associations de défense de la liberté de l’information dans le monde. Ses défenseurs en appellent aujourd’hui à la Cour suprême. La nouvelle audience, initialement prévue le 11 novembre, a été ajournée à ce dimanche. Avant d'être à nouveau ajournée.

"Le bouc devenu Pharaon"

Le journaliste n’en a pas pour autant modifié son verbe, malgré la fatigue et une santé fragile. Il dénonce, sobrement, les manoeuvres politiques et policières qui entourent son procès. Oui, il reconnaît ses relations avec les rebelles, mais dans une stricte mission d’investigation. Non, il ne se reconnaît pas dans le portrait de suppôt du terrorisme que s’évertue à brosser l’accusation (le nouveau juge est réputé peu favorable aux journalistes).

Doté d'un solide sens de l'humour, Al-Khaiwani souligne le cocasse d’un procès qui vise à instruire, sans le dire, un article estimé hautement coupable bien que non publié... Nom de la contribution: "Le bouc devenu Pharaon". Objet de la contribution: les trente années de pouvoir du Président. Morale de l’histoire: l’article n’a pas plu.

Déjà condamné en septembre 2004 à un an d’emprisonnement pour diffamation, Al-Khawaini avait été grâcié par le président Saleh six mois plus tard. De nouveau arrêté en juin dernier, il avait bénéficié, fin juillet, d’une libération provisoire pour raisons de santé. Avant d’être enlevé, de subir des violences et des menaces de mort de la part d’inconnus aux allures d’agents des services de la sécurité. Inconnus qui lui brisèrent un doigt de la main gauche. Il venait de publier une enquête sur les conditions de détention des prisonniers au Yémen dans l’hebdomadaire Al-Nida. Al-Khaiwani ne peut aujourd’hui quitter le territoire.

Pour Khaled Anisi, par ailleurs responsable de l’ONG yéménite de défense des droits de l’Homme HOOD, Al-Khaiwani devrait être condamné... avant une amnistie présidentielle qui offrirait des gages de bonne gouvernance à la communauté internationale.

Le journaliste, lui, entrevoit l'avenir avec plus de craintes et redoute une lourde condamnation. Ou, pire, un stupide accident de voiture... Ali Abdallah Saleh a tout récemment rappelé, dans un discours à Aden, le 16 octobre, qu’il existait de nombreux moyens pour faire valoir ses opinions sans recourir à la violence, dont la presse. Un conseil que s’emploie à suivre Abd al-Karim al-Khaiwani depuis longtemps.

http://www.rue89.com/2007/11/25/yemen-juge-pour-avoir-ose-parler-dune-guerre-oubliee

samedi 24 novembre 2007

UKRAINE-RUSSIE • Grande Famine : un silence de mort à Moscou

Pour Moscou, qui ne commémorera pas le 75e anniversaire, le temps n'est pas encore venu d'assumer cet héritage de l'Etat soviétique. Pourtant, la terrible famine planifiée de 1932-1933, qui a décimé des millions d'Ukrainiens, a également frappé les Russes et même les Kazakhs.
Le mémorial de la Grande Famine de 1932-1933, à Kiev
AFP
Samedi 24 novembre, toute l'Ukraine célébrera le 75e anniversaire de la Grande Famine (ou "Holodomor", terme consacré qui signifie littéralement "exécution par la faim") de 1932-1933. Des cérémonies en mémoire des victimes se dérouleront partout à travers le pays. A Kiev, place Mikhaïlovskaïa, le président Viktor Iouchtchenko s'adressera à la nation, dans un discours qui sera retransmis en direct par plusieurs chaînes nationales. L'ampleur des commémorations a été annoncée non seulement aux Ukrainiens, mais au monde entier. Iouchtchenko a appelé ses compatriotes vivant dans les divers pays du globe à allumer des bougies en signe de deuil. On ignore en revanche comment cette date sera célébrée en Russie, pays qui n'a pas non plus été épargné par la famine. [Les Ukrainiens veulent obtenir la reconnaissance du fait que cette famine était organisée et expressément dirigée contre eux, en vue de les anéantir, plus que de briser une opposition à la politique agricole de Staline.]

Je ne voudrais pas devoir me contenter d'expliquer à mes enfants qu'un jour de décembre 1932, ma grand-mère, qui était alors une fillette de 12 ans, a dû quitter à jamais sa maison familiale du hameau proche du village cosaque d'Orlovskaïa, dans le nord-ouest de la région de Krasnodar [en Russie], et qu'elle a marché pendant deux jours, parcourant environ 80 kilomètres pour rejoindre sa sœur établie à Eïsk [au bord de la mer d'Azov], en se nourrissant uniquement de trognons de chou gelés glanés dans des champs bien après la récolte. Une fois la nourriture épuisée chez eux, ses parents l'avaient envoyée chez sa sœur, dans une ville moins touchée. Ils avaient décidé de rester dans leur maison pour y mourir doucement de faim. Comme nous l'ont raconté de lointains parents et des voisins qui ont survécu par miracle, mes arrière-grands-parents ont tenu deux mois ainsi, et péri en février 1933.

L'énorme différence entre la Russie et l'Ukraine dans leurs réactions officielles à ce tragique anniversaire ne peut s'expliquer uniquement par une différence d'échelle : en effet, la faim a tué " 4 à 5 millions de personnes en Urkaine, et plusieurs centaines de milliers "seulement" en Russie. En Ukraine, on estime que, parmi les catastrophes qui ont frappé le pays, la Grande Famine est pire que la Seconde Guerre mondiale. Mais même si la Russie n'a pas perdu des millions de personnes, pourquoi ne pourrait-elle pas rendre un hommage national à la mémoire de plusieurs centaines de milliers de victimes. Ce qui se dit aujourd'hui, c'est que la Russie souhaite se démarquer autant que possible de la tragédie des années 1932-1933 pour de simples raisons politiques.

Les pouvoirs publics russes ont peur de perdre leur guerre médiatique face à l'Ukraine. Kiev exige en effet des autres pays qu'ils octroient au "Holodomor" le caractère de génocide perpétré contre le peuple ukrainien. Même si le régime [soviétique] coupable de ce crime a disparu depuis longtemps, Moscou redoute, si ce fait est reconnu, que la Russie doive endosser la responsabilité morale et probablement matérielle de la mort de ces millions de personnes. Le Kremlin fait donc tout son possible pour faire échouer les projets de Kiev de conférer à la Grande Famine, sur la scène internationale, la même importance que l'Holocauste des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. La Russie tente aussi de faire oublier cet événement politiquement sensible.

Il se trouve que les documents qui désigneraient une cible ethnique précise pour une famine artificiellement provoquée n'existent pas. A cette époque, Moscou devait rembourser les crédits octroyés par l'Allemagne en faveur de son industrialisation, et, dans les régions productrices de céréales, toute la nourriture était confisquée aux paysans, raclée jusqu'au dernier grain de blé. En outre, la géographie de la famine montre bien que, hormis l'Ukraine, elle a frappé le Kouban, la région de Stavropol, le Don, la basse et la moyenne Volga : autant de territoires appartenant à la Fédération de Russie. Un an auparavant, elle avait sévi au Kazakhstan, qui faisait alors partie lui aussi de la République soviétique fédérative socialiste de Russie [RSFSR].

Dans la plupart de ces régions, les campagnes les plus touchées par la famine étaient peuplées d'un mélange de Russes et d'Ukrainiens, ainsi que de Cosaques que les statistiques officielles rattachaient parfois aux Russes, parfois aux Ukrainiens, et que le pouvoir soviétique détestait ouvertement [pour leur esprit d'indépendance]. Au début des années 1930, s'engage une politique d'éradication des Ukrainiens du Kouban, région qui, avant la révolution de 1917, a compté jusqu'à 80 % de locuteurs de "petit-russien". Après la famine et la désukrainisation, le nombre d'Ukrainiens de la RSFSR n'est plus, au recensement de 1937, que de 3 millions, contre 7,8 millions en 1926.

Comment s'achèvera la bataille en coulisses entre Kiev et Moscou pour savoir si la Russie contemporaine est l'héritière des seules réussites et du patrimoine de l'URSS, ou si elle doit aussi assumer les passifs d'un Etat qui s'est effondré ? En fait, ce n'est pas la question qui me préoccupe le plus : la volonté du pouvoir russe de passer cet anniversaire tragique sous silence, je le ressens comme une insulte à mon égard, à celui de ma famille et des familles des autres morts de la faim. De la même manière, je prends comme un affront l'absence de réaction officielle à la mise à sac le 17 novembre de l'exposition de documents sur l'"Holodomor" tirés des archives ukrainiennes qui se tenait à Moscou, acte de vandalisme perpétré récemment par les militants de l'Union de jeunesse eurasiatique

Accord européen sur le financement de Galileo

ENFIN

BRUXELLES (Reuters) - Les pays de l'Union européenne sont parvenus vendredi soir à un accord sur le financement du projet Galileo de positionnement par satellite, appelé à rivaliser avec le GPS américain, a annoncé un porte-parole de la présidence portugaise.
Il a expliqué que les ministres du Budget étaient convenus de financer les 2,4 milliards d'euros manquants en redéployant des enveloppes non dépensées initialement destinées aux subventions agricoles et à des projets de compétitivité.
Un diplomate de l'UE a indiqué que l'Allemagne, premier contributeur net du bloc, avait voté contre l'accord mais que ce dernier avait été adopté à la majorité.
Le porte-parole de la présidence a confirmé que la décision n'avait pas été unanime mais il n'a pas voulu dire qui avait voté contre.

PostSecret, le blog où les internautes vont à confesse

A voir !

Ce projet artistique venu des Etats-Unis vient de se doter d'une version française. Il diffuse en ligne des cartes postales sur lesquelles des anonymes ont écrit un secret.
http://www.01net.com/editorial/365083/postsecret-le-blog-ou-les-internautes-vont-a-confesse/

« Si seulement on avait été une famille normale », « J'ai des orgasmes dans mon sommeil, et ça réveille mes parents », « J'ai bien peur que la vie ne soit pas aussi excitante que ce que j'avais espéré », « J'ai peur de grandir »... Ces affirmations vous intriguent ? Bienvenue sur PostsecretFrance, le nouveau réceptacle des interrogations existentielles des internautes francophones, déclinaison pour l'Hexagone d'un blog bien connu.

Tout a commencé en 2004, à Washington D.C, à Artomatic, une manifestation dédiée aux arts numériques. PostSecret n'est alors qu'une installation artistique parmi d'autres. Le projet se transforme en blog au tout début de l'année 2005 sous l'impulsion de l'artiste Franck Warren. Depuis, PostSecret a collecté, dans sa version anglophone, plus de 2 500 oeuvres originales. Et le site est devenu l'un des rendez-vous les plus prisés de la blogosphère.

Tous les secrets sont recevables

Le principe est simple : publier des cartes postales sur lesquelles des personnes ont écrit un message confidentiel qu'elles sont prêtes à partager anonymement avec le monde entier. La version anglophone de PostSecret s'enrichit toutes les semaines d'une vingtaine de nouvelles créations. Et avec le temps, le projet artistique s'est mué en petite entreprise avec notamment la parution de plusieurs recueils de cartes postales.

En octobre dernier, une mouture française de PostSecret a fait son apparition à l'initiative de Brian Cotlove, un Américain francophile, vivant à Aix-en-Provence. L'auteur du blog PostSecretFrance rappelle les fondamentaux du projet. Tous les secrets sont recevables, toutes les confessions sont exposables (regrets, espoirs, peurs, croyances, fantasmes, trahisons, humiliations, etc.). Une seule condition : que l'affirmation soit vraie et qu'elle n'ait jamais été partagée avec qui que ce soit.

Une démarche qui rappelle le rite d'initiation de certaines sociétés secrètes où les membres doivent livrer à l'assistance une part inédite d'eux-mêmes pour sceller leur appartenance au groupe. Que ne faut-il pas faire ces temps-ci pour intégrer la communauté des internautes anonymes...

Aux intrus, la patrie... très énervée

ETONNANT

Son nom sonne comme celui d'un mouvement underground allemand, mais il n'en est rien : Untergunther est un mot purement inventé, dénué de sens. Il désigne un groupe clandestin, basé à Paris, qui a pour ambition de "restaurer les parties invisibles du patrimoine".

De septembre 2005 à septembre 2006, plusieurs membres de cette organisation ont occupé le Panthéon - à l'insu de l'administration - dans le but de réparer son horloge. "C'est une horloge Wagner, qui date de 1850. Elle ne fonctionnait plus depuis 1965 et tout le monde l'ignorait. On l'a remise en état avant qu'il ne soit trop tard", raconte l'un des porte-parole d'Untergunther, Lazar de son nom de code.

Cette intrusion dans un monument historique hautement symbolique de la capitale a valu à quatre membres de ce groupe de comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris, vendredi 23 novembre. Lazar, Peewee, Do et Lanso - deux hommes et deux femmes - ont déroulé leur histoire invraisemblable, mais véridique, sous l'œil réprobateur du président de la 12e chambre, Eric Meunier.

Agés de 35 à 40 ans, d'apparence BCBG, ces "explorateurs urbains" font partie d'un réseau plus vaste, UX, qui rassemblerait "entre cent vingt et cent cinquante" personnes. Certains membres sont mineurs mais la plupart sont des trentenaires, parfaitement insérés : parmi eux, il y aurait des avocats et même une procureure.

"On n'est pas des squatteurs. Créé dans les années 1980, à l'époque où les soirées dans les carrières étaient à la mode, UX investit des sites inutilisés tout ou partie du temps, comme une station de métro la nuit. Ces lieux sont des "délaissés urbains". On y organise des activités positives et apolitiques : festivals de films, rénovation patrimoniale", a expliqué Lazar au Monde. Ainsi, en 2004, la police avait découvert une salle de cinéma sous le Trocadéro, animée par la Mécanique de perforation. Un autre groupe composé exclusivement de filles, House Mouse, serait spécialisé dans le repérage des lieux et le décodage de serrures.

A entendre les membres d'Untergunther, pénétrer dans le Panthéon en dehors des heures d'ouverture au public est un jeu d'enfant : le plus simple est de se laisser enfermer dans le vaste bâtiment. Puis de refaire les clés, que les gardiens ont l'habitude de suspendre devant le pupitre, à l'accueil ! A une époque, les visiteurs du soir pouvaient même emprunter l'échafaudage extérieur qui descendait jusqu'au sol tel un escalier métallique, du côté de l'Hôtel des Grands Hommes.

Autre option, par un soupirail situé à l'extérieur, on accède à des égouts qui mènent à la tombe de... Jean Jaurès - certains experts du ministère de la culture ont effectué le trajet souterrain. Tout cela est connu de quelques initiés. Ainsi, des élèves du lycée Henri-IV ont fait des virées nocturnes au Panthéon.

Les membres d'Untergunther, eux, y ont pris leurs quartiers. Pendant un an, ces spécialistes de l'infiltration se sont "planqués" dans la galerie circulaire située à la base du dôme, côté rue Soufflot. Dans cet espace voûté, dont les meurtrières offrent une vue sublime sur la ville, ils ont apporté leur matériel et aménagé un salon de fortune : fauteuils en bois escamotables en caisses, table à manger, nappe à carreaux, plaque électrique, etc. Ils y ont passé leurs soirées et leur temps libre, après le travail. Ils y ont même reçu du courrier...

L'atelier de restauration, baptisé UGWK, a été piloté par Jean-Baptiste Viot, un horloger anciennement employé par la prestigieuse maison Bréguet, de la place Vendôme. Entouré d'une équipe, le jeune homme a refait des pièces manquantes et remis en marche le mécanisme, pour un coût de "4 000 euros en matériel".

Septembre 2006 : leur ouvrage achevé, les membres d'Untergunther ont fait leur coming out. Ils sont allés trouver l'administrateur du Panthéon, qui était alors Bernard Jeannot. En apprenant l'histoire, celui-ci est tombé des nues. Passé l'effet de surprise, il a bien fallu réagir. Mais comment ?

Le Centre des monuments nationaux (CMN), qui gère le Panthéon, n'est pas avide de communication. L'affaire donne l'impression que l'on peut entrer dans des lieux prestigieux comme dans un moulin. Comment les membres d'Untergunther ont-il pu aller et venir à leur guise, sans être inquiétés ? L'histoire est loufoque. Inévitablement, s'inquiète le CMN, elle va donner des idées à des individus ayant des buts moins louables que l'entretien des biens culturels. Accessoirement, enfin, les passagers clandestins du Panthéon auraient pu faire une chute mortelle...

Tout compte fait, décision est prise de poursuivre Untergunther. D'octobre 2006 à mai 2007, le Centre des monuments nationaux dépose plusieurs plaintes contre le groupe. En vain : à chaque fois, le parquet classe sans suite. En France, la loi ne prévoit rien contre l'introduction illégale dans un monument national. Il y a comme un vide juridique.

En attendant, le commissariat du 5e arrondissement parisien multiplie ses rondes. Finalement, le 14 août, à 3 heures du matin, la police interpelle quatre membres du groupe alors que l'un d'eux "s'affaire sur le cadenas" d'une grille du Panthéon - à l'intérieur de l'édifice, une équipe de télévision japonaise est en train de tourner un reportage. Cette fois-ci, le parquet croit tenir un motif valable : il y aurait eu dégradation volontaire de la gâche de fermeture de la grille.

Les choses se gâtent lors de l'audience devant le tribunal correctionnel, le 23 novembre. Très vite, il apparaît que l'accusation ne tient pas la route. Les quatre prévenus n'ont d'ailleurs pas jugé utile d'être représentés par un avocat. Celui du Centre des monuments nationaux, Eric Gomez, se démène pour essayer de prouver qu'ils ont bien scié la gâche et commis d'autres dégradations, et réclame 48 300 euros de dommages et intérêts.

Sans succès. Le parquet a "stupidement poursuivi" sur cette histoire de gâche, déplore la procureure, Anne Benejean. Pourquoi n'avoir pas retenu d'autres délits aisément qualifiables, s'interroge-t-elle : recel de clés, faux et usage de faux, l'un des quatre prévenus s'étant procuré une fausse carte d'agent des monuments nationaux ?

La procureure requiert la relaxe tout en donnant une leçon aux membres d'Untergunther : "On se croirait un peu dans un jeu de rôle, avec des chevaliers. Vous devez cesser de jouer !" De plus, ajoute-t-elle, une condamnation inscrite au casier judiciaire pourrait coûter son poste à l'une des deux jeunes femmes, infirmière à l'hôpital public. Le président, Eric Meunier, confirme la relaxe mais lance cet avertissement : "Vous pouvez encore faire l'objet de poursuites pénales ."

Le Centre des monuments nationaux va-t-il relancer la procédure ? "Il est encore trop tôt pour le dire", a indiqué au Monde le directeur du CMN, Vincent Leroux, qui ajoute : "Je ne suis pas sûr que l'objectif d'Untergunther soit la réparation de l'horloge. N'y a-t-il pas le goût du challenge, de la transgression des interdits ?"

Reste une question essentielle, mais visiblement taboue : la restauration de l'horloge du Panthéon est-elle de bonne qualité ? "Oui", souffle-t-on à la direction de l'architecture et du patrimoine du ministère de la culture. Sur le plan mécanique, elle fonctionne. Mais, faute d'avoir été remontée, l'horloge s'est arrêtée. Ubuesque, jusqu'au bout.

Clarisse Fabre




http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-982097@51-982192,0.html

La condamnation par un tribunal saoudien d'une jeune femme violée provoque un tollé

QUE FAUT IL FAIRE ?


Des militantes des droits de la femme en Arabie saoudite et des personnalités politiques étrangères ont crié leur indignation, jeudi 22 novembre, après la condamnation à six mois de prison et 200 coups de fouet d'une jeune saoudienne victime d'un viol collectif en 2006.

Cette chiite âgée de 19 ans et mariée avait été agressée près de Qatif, dans la province orientale du Hasa, alors qu'elle était en compagnie d'un homme n'appartenant pas à sa famille. Tous deux avaient subi des violences. La jeune femme avait été violée à plusieurs reprises par sept hommes d'origine sunnite.


En octobre 2006, la victime avait pourtant été condamnée une première fois à quatre-vingt-dix coups de fouet pour "fréquentations illégales". Elle avait enfreint l'un des principes du wahhabisme - une interprétation rigide de l'islam qui régit le royaume saoudien - en se trouvant dans une voiture avec un "étranger". Ses agresseurs qui avaient écopé d'un à cinq ans de prison lors du premier jugement, ont vu leur peine alourdie en deuxième instance (deux à neuf ans). Justifiant la faiblesse de ces peines dans un pays où le viol est passible de la peine de mort, le tribunal a expliqué que si la jeune femme n'avait pas été seule avec un homme qui n'était pas de sa famille, le viol n'aurait pas eu lieu.

IMPUNITÉ POUR LES VIOLEURS

Aux yeux de la justice saoudienne, le cas de la jeune femme, qui souhaite garder l'anonymat, s'est aggravé lorsqu'elle a accordé, en décembre 2006, un entretien à l'organisation de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch (HWR). Cette initiative lui vaut une peine plus lourde lors du second jugement. Elle est accusée par le tribunal saoudien d'avoir tenté "d'envenimer la situation et d'influencer l'appareil judiciaire par l'entreprise des médias". Elle et son mari devraient faire appel.

HRW a immédiatement condamné le verdict et a appelé le roi Abdallah d'Arabie saoudite à intervenir pour invalider le jugement. HWR "dénonce également le fait qu'une telle décision, qui offre plus de protection et d'impunité aux auteurs de viols qu'à leurs victimes, soit prononcée", nous a indiqué Jean-Marie Fardeau, directeur du bureau de Paris.

Aux Etats-Unis, les principaux candidats démocrates à l'élection présidentielle américaine de 2008 ont également dénoncé, mercredi, le jugement, le qualifiant de "rupture honteuse avec les droits de l'homme les plus fondamentaux". Hillary Clinton, candidate à l'investiture démocrate, a parlé de "honte" et a invité le président américain George Bush à demander au roi Abdallah d'annuler les poursuites contre la jeune femme.

De source diplomatique, les inquiétudes de la France ainsi que des pays européens sont réelles. Les démarches ont été entreprises par l'Union européenne, des concertations entre les ambassades présentes en Arabie Saoudite ont actuellement lieu.

AFRIKA

Lombard
Critique BD : Afrika

Si Hermann a profondément marqué la BD avec des séries aussi cultes que Comanche , Jérémiah ou les Tours de Bois-Maury , il a également signé quelques grandes histoires en un album. Afrika , qui vient de sortir au Lombard, le prouve encore une fois.

Ancien mercenaire, Dario Ferrer veille à la bonne marche d'une réserve naturelle africaine. Face à la détermination des braconniers, il décide de chasser le chasseur à balles réelles. Quelque temps après l'arrivée d'une journaliste dans la réserve, Dario découvre ce qu'un gouvernement véreux et ses alliés européens voulaient cacher. L'ancien mercenaire vient de signer son arrêt de mort.

Incomparable dans ses dessins, Herman - à 68 ans déjà - n'a rien perdu de sa verve. Au contraire ! Afrika montre que l'homme a encore de nombreuses révoltes en réserve et qu'il maitrise admirablement l'art de la narration pour les raconter.

Lombard

Secours populaire: la pudeur et l'isolement, cache-misères du milieu rural

Sans commentaires

La pudeur et l'isolement rendent très difficiles la lutte contre la misère en milieu rural, ont relevé les participants au 31e congrès du Secours populaire français (SPF) réunis de vendredi à dimanche à Brive-la-Gaillarde (Corrèze).

Le paravent de l'anonymat qui protège les populations en difficulté dans les villes tombe dans les campagnes. Le président de la fédération de la Haute-Vienne du SPF, Thierry Mazabraud, note que "nous sommes dans un contexte difficile de pudeur".

"Il faut, indique-t-il, éviter de stigmatiser les précaires". "Ils sont souvent sans la moindre mobilité", ce qui rend paradoxalement "difficile de les trouver et d'aller à leur rencontre", a déclaré M. Mazabraud "Les municipalités ne souhaitent pas qu'on sache que la misère sévit aussi chez elles", a-t-il précisé.

Le président du SPF, Julien Lauprêtre, avait souligné vendredi "la faiblesse des connaissances sur cette pauvreté en milieu rural". Les bénévoles de terrain ont toutefois noté certaines constantes du fléau.

L'arrivée des "néo-ruraux" est un indicateur. Ces dernières années, "trois ménages sur quatre arrivés dans les campagnes avaient des revenus inférieurs ouvrant droit à un logement HLM", selon le SPF. "On peut dire qu'ils sont presque deux fois plus pauvres que la moyenne", selon M. Lauprêtre.

"Leur imaginaire de la ruralité s'effondre brutalement", déclare M. Mazabraud. "Mal acceptés par les autochtones, ils découvrent le manque de lien social, un habitat vétuste, avec des problèmes d'isolation et de chauffage. Cette situation est souvent sanctionnée par une séparation, puis le repli sur soi. L'issue quasi-fatale, c'est la dépression, l'alcoolisme", décrit-il.

"Si on ajoute le renforcement du recul des services publics dans les campagnes, on s'aperçoit que les plus fragiles sont les plus touchés. Le manque de médecins ruraux prend tout son sens quand il faut effectuer de 15 à 30 km pour une consultation et qu'on n'a pas de voiture", explique M. Mazabraud.

Selon lui, les populations indigènes, "installées depuis toujours dans la misère", sont encore plus "résignées". "Pas question de laisser la voiture siglée des services sociaux faire halte devant la maison. Ce serait un aveu d'assistanat, une forme de honte", décrit un délégué.

Preuve que, comme l'a souligné M. Lauprêtre, "il n'est pas satisfaisant de transposer sans précaution les solutions du milieu urbain dans l'espace rural".

"Faute de transports publics, beaucoup de bénéficiaires potentiels ne peuvent, par exemple, se rendre à des séances d'insertion. Il en va de même pour chercher du travail, une formation ou tout simplement accompagner les enfants au sport", selon M. Mazabraud.

Selon lui, la solidarité en milieu rural passe par "des collaborations entre les mondes associatif et institutionnel".

Elle nécessite "la collaboration d'intermédiaires de proximité de confiance". "L'école, selon lui, constitue un lieu de repérage des difficultés sociales des familles, tout comme les aides ménagères ou les infirmières à domicile".

Un cahier de doléances "Le dire pour agir" proposé à Brive par le président du SPF devrait aider l'ONG à "dresser le bilan réel des situations pour ensuite les faire connaître aux pouvoirs publics et à l'opinion" et "contribuer à faire reculer ce fléau grandissant".


© 2007 AFP


20Minutes.fr avec AFP, éditions du 24/11/2007 - 12h32

vendredi 23 novembre 2007

Rumsfeld exempté de poursuites pour tortures en France

Merci SARKO Exemplaire!

Le parquet de Paris a classé sans suite, la semaine dernière, une plainte pour tortures déposée fin octobre par des organisations de défense des droits de l’homme contre l’ancien secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld, ont annoncé vendredi les plaignants.

Le parquet considère qu’il bénéficie d’une immunité pénale «coutumière», non écrite, accordée internationalement aux chefs d’Etat, de gouvernement et ministres des Affaires étrangères, même après avoir quitté leurs fonctions.

Cette position a été notifiée aux plaignants par le procureur de Paris dans une lettre envoyée à la mi-novembre. La Fédération internationale des droits de l’homme, un des plaignants, se dit dans un communiqué «stupéfaite d’une argumentation aussi erronée», estimant que l’immunité coutumière invoquée n’existe pas en droit international.

Donald Rumsfeld, 75 ans, considéré comme l’un des architectes de l’intervention militaire en Irak, a quitté ses fonctions en novembre dernier. Il se trouvait à Paris au moment du dépôt de la plainte fin octobre, venu donner des conférences à l’invitation de la revue Foreign policy. En théorie, la justice française était compétente juridiquement pour instruire cette plainte.

Selon une convention internationale de 1984 ratifiée par le pays, les faits de torture peuvent être poursuivis partout dans le monde quels qu’en soient les lieux et les auteurs.

Les plaignants visaient des crimes présumés commis dans le camp de détention américain de Guantanamo, à Cuba, et en Irak, notamment dans la prison d’Abou Ghraïb, près de Bagdad.

Le texte de la plainte mentionnait notamment des témoignages et aussi des mémorandums signés par Donald Rumsfeld en 2002 et 2003 et qui, selon les plaignants, ont ouvert la voie à certaines tortures comme la privation de sommeil, l’utilisation de chiens et les humiliations sexuelles.

C’est la cinquième fois qu’une plainte de ce type est introduite contre Donald Rumsfeld depuis 2001. Deux procédures ont été engagées en Allemagne, une en Argentine et une en Suède, sans qu’aucune suite soit donnée. En Allemagne, la justice s’est déclarée incompétente.



jeudi 22 novembre 2007

CHINE • Le barrage des Trois-Gorges : virage à 180 degrés

DANGER !

Un responsable du barrage des Trois-Gorges est entièrement revenu sur de récentes déclarations où il reconnaissait les dangers que fait peser le projet sur l'environnement, selon le quotidien hongkongais South China Morning Post. Ce revirement est intervenu deux jours après un glissement de terrain, qui a fait un mort et deux disparus, le 20 novembre, non loin d'un tunnel ferroviaire dans la région du barrage. L'agence officielle Xinhua a minimisé l'événement en soulignant que les glissements de terrain étaient fréquents dans la région.

Les efforts de préservation de l'environnement aux alentours du barrage ont porté leurs fruits, a affirmé à l'agence Xinhua, le 22 novembre, Wang Xiaofeng, directeur du Bureau exécutif du Comité de construction du barrage des Trois Gorges. "En toute conscience, nous pouvons dire que l'impact des Trois-Gorges sur l'écosystème ne va pas au-delà de ce qui avait été prévu lors des études de faisabilité."

En septembre, le même Wang Xiaofeng avait affirmé, toujours à l'agence Xinhua, que le projet "faisait courir des risques majeurs à l'environnement". Ces déclarations avaient été interprétées comme un bouleversement de la position officielle chinoise sur ce sujet, tous les avertissements sur les risques induits par le gigantisme du projet ayant été bannis depuis le lancement des études à la fin des années 1980.



http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=80041

Le "Viagra aux fourmis" ruine des milliers de Chinois

j'y crois pas!!!!!!!!

Voilà une histoire malheureuse qui fait partie des aléas du capitalisme sauvage à la chinoise: des dizaines de milliers de Chinois se sont saignés pour élever des fourmis afin de produire un aphrodisiaque qui devait les enrichir. Jusqu'à ce que tout s'écroûle et les laisse sans le sou.

Depuis plusieurs jours, la région de Shenyang, la grande métropole du nord-est de la Chine, est en effervescence en raison des protestations de ces milliers de paysans pauvres qui se sont endettés jusqu'au cou pour acheter du matériel d'élevage de fourmis, et qui sont furieux de s'être fait escroquer. Leur cible: la société Yilishen, à l'origine de l'arnaque, et qui vendait pour 10000 yuans (1000 euros), une fortune pour des paysans, le matériel d'élevage de fourmis qui devait leur permettre de s'enrichir à la revente. Yilishen devait les leur racheter pour produire un elixir aphrodisiaque, supposé plus performant que le viagra!

Lors de la manif, mercredi à Shenyang

Une fois de plus, ces événements ont été connus grâce aux blogueurs chinois, qui ont posté les informations, les photos des manifs (ci-dessus celles de mercredi) et les vidéos dont certaines, selon Global Voices Online qui suit la vie des blogs, ont été aussitôt retirées. La presse officielle s'est ainsi abstenue de parler de la manifestation de 10000 personnes, mercredi, devant le Comité provincial du Parti communiste chinois à Shenyang, abondamment relayée sur les blogs.

Cette affaire serait banale si ce n'était son ampleur, affectant des dizaines de milliers de personnes qui ont cru dans le rêve d'enrichissement à base de fourmi que leur vendait le charismatique Wang Fengyou, le PDG de la société Yilishen, avec son slogan "Ant Power" (voir le logo ci-dessus), le "pouvoir des fourmis"...

C'est également embarrassant pour les autorités chinoises, qui ont laissé faire, et même selon certains blogueurs, encouragé, alors que les avis défavorables existaient depuis longtemps. La Food and Drugs Administration (FDA) américaine avait ainsi publié en 2004 une mise en garde contre les produits aphrodisiaques de la société Yilishen, et contre le risque d'effets secondaires. Son équivalent chinois n'a pas eu la même vigilance. Aujourd'hui, la société Yilishen est en faillitte, ayant accumulé les dettes. Elle est incapable de continuer à acheter les fourmis des paysans-éleveurs, qui se retrouvent donc avec une production devenue inutile. Il y a quelques mois, pourtant, elle se préparait à une introduction en Bourse destinée à lever 1,4 milliard de Yuans (140 millions d'euros)... Un blogueur chinois cité par Global Voices résume ainsi la situation:

"Beaucoup de gens se plaignent, mais, dans votre ignorance, vous vous êtes infligé tout ça vous-mêmes". Bien sûr, le gouvernement et les médias ont leur part de responsabilité également, mais que pouvez leur faire? C'est seulement en développant votre conscience que vous pourrez cesser de vous faire avoir. Yilishen savait qu'il voulait maintenir en l'état les sentiments du peuple, lui faire croire que rien ne changeait à Yilishen, que tout ça pourrait continuer à long terme. Mais les gens n'ont pas du faire leurs calculs: il aurait fallu que la société ait une croissance exponentielle pour réussir, et ce n'était pas réalisable. Aujourd'hui, tout ça est arrivé à son terme. Je prie pour ceux qui se sont fait avoir".

On retrouve dans cette affaire à la fois le rêve d'enrichissement de nombreux Chinois, les pratiques douteuses de bon nombre d'entrepreneurs, le laisser-faire officiel, mais aussi les fantasmes générés par une médecine naturelle à vocation aphrodisiaque... Le tout dans une région socialement sinistrée. Un cocktail explosif.

http://www.rue89.com/blog/chinatown/le-viagra-aux-fourmis-ruine-des-milliers-de-chinois



dimanche 18 novembre 2007

Evaluation vieilles monnaies

Un site bien foutu!

http://numisa.net/catalogue-F.html

L'honneur meurtri de Magdalena Kopp, l'ex-compagne de Carlos


(De Berlin) Magdalena Kopp a vécu treize ans aux côtés d'Illich Ramirez Sanchez, plus connu sous le nom de Carlos le Chacal. Terroriste recherché par toutes les polices du monde dans les années 70-80, elle l'a suivie à Bagdad puis à Damas. Prise dans un terrible engrenage, elle va participer à ses campagnes de terreur puis faire de la prison. Elle a raconté son histoire dans un ouvrage percutant paru cet été en Allemagne.

Un quotidien a rapporté que de sa plus belle plume, Carlos a écrit en espagnol une carte à sa fille Rosa pour ses vingt-et-un ans: "A bientôt, mon amour", pouvait-on y lire. Sa mère, Magdalena Kopp, n'a pas pu s'empêcher de sourire à l'idée que celui-ci puisse sembler encore croire à sa libération prochaine. "Il vit toujours dans son monde. Quelqu'un devrait pourtant lui dire la vérité", a-t-elle dit au cours de cet entretien. Depuis 1994, Carlos est condamné et emprisonné en France. En janvier prochain aura lieu un nouveau procès. Il devra y répondre de 83 meurtres.

"Je voulais me distinguer des petit-bourgeois"

Magdalena Kopp a passé treize années auprès de ce meurtrier si attentionné lors des anniversaires. Aujourd'hui, proche de la soixantaine, et comme pour en finir avec sa culpabilité, elle a ressenti le besoin impérieux d'examiner en détail cette période où, d'une douce jeune fille originaire de Neu-Ulm en pays souabe, elle va devenir l'assistante et l'épouse du terroriste Carlos. Elle a intitulé son livre "Les Années de terreur", renvoyant le lecteur à la fois au terrorisme pratiqué par son sanguinaire conjoint, mais aussi à ce qu'elle éprouvait alors quotidiennement.

De ses parents, un fonctionnaire des postes et une serveuse, Magdalena Kopp dit qu'ils étaient "foncièrement conservateurs, votant systématiquement pour la CSU", le parti chrétien démocrate. Son père était un ancien nazi. Mais en ces temps de mobilisation contre la guerre du Vietnam, la jeune Kopp ne comprend pas l'absence de dialogue avec ses parents et, en 1967, elle décide de partir à Berlin-Ouest pour devenir photographe.

De là, elle migre à Francfort où elle va trouver à s'employer dans la maison d'édition Roter Stern ("étoile rouge"). Ses premiers contacts avec les cellules révolutionnaires datent de cette époque. "Je voulais me distinguer des petit-bourgeois", écrit-elle en expliquant comment elle s'est peu à peu impliquée dans la mouvance radicale tout en s'y constituant un réseau d'amis.

Totalement immergée dans ce microcosme de haine et de destruction, elle dit l'avoir choisi comme étant "sa voie politique pour entrer dans l'action". Formulation indirecte qui lui permet d'éviter le mot "attentat". "Nous étions naïfs. Nous ne voulions provoquer que des dégâts matériels. C'est une chance qu'il n'y ait pas eu de morts."

En 1976, Carlos devient son instructeur dans un camp d'entraînement palestinien.

Jusqu'en 1992, date de dissolution du groupe, quelque 180 attentats sont à mettre sur le compte de ces cellules clandestines. Elle connaît ce chiffre mais elle avoue n'avoir "aucune sympathie pour la violence": "Je ne peux toujours pas m'expliquer dans quelle spirale je m'étais embarquée." Elle ne trouve que la solidarité envers ses compagnons pour motiver sa participation à ces "actions".

Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos (DR).A la même époque, Carlos débutait sa carrière. S'autoproclamant révolutionnaire et membre du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine), Carlos gagnera ses galons pour figurer au panthéon des terroristes mythiques en décembre 1975 lors de la prise d'otages des ministres du pétrole participant à une conférence de l'OPEC à Vienne.

En dépit des victimes occasionnés par cette spectaculaire opération, certains des influents personnages libérés peu après feront l'éloge de Carlos, le décrivant comme un personnage aimable et ouvert. Signes avant-coureur de son utilité future? Quelques mois plus tard, ce gentil jeune homme est devenu l'instructeur de Magdalena Kopp dans un camp d'entraînement palestinien au Yémen.

Ces deux-là, ainsi que d'autres membres des cellules révolutionnaires sensibles aux luttes de libérations nationales, y avaient été invités. Deux ans plus tard, elle l'accompagne à Bagdad. Il lui disait que désormais elle faisait partie de la révolution mondiale et il la berçait de compliments.

"Ce qui est fou, c'est qu'il pouvait être très charmant"

"Je suis une personne qui se laisse facilement influencer", reconnaît rétrospectivement Magdalena Kopp pour expliquer comment elle s'est laissée séduire par Carlos. "Ce qui est fou, c'est qu'il pouvait être très charmant", écrit-elle. Charmant et odieux. Elle confiera plus tard que Carlos lui avait offert un gâteau d'anniversaire où il était écrit: "A ma vache." Elle dit qu'aujourd'hui, elle la lui aurait jeté à la figure. Mais à l'époque, elle n'en a rien fait.

C'est ainsi qu'ils sont devenus un couple où la tendresse avait peu de place. Elle raconte: "Carlos m'a simplement prise. Il mettait son pistolet sur la table de nuit et il dormait avec moi. L'acte sexuel était sans émotion. Presque un viol."

Elle va prendre des pseudonymes, coopérer avec le cercle rapproché de Carlos, falsifier des passeports, entretenir les contacts avec les informateurs, les diplomates, les services secrets, la Stasi, l'IRA, l'ETA ... et gérer l'argent liquide versé tantôt par les services irakiens (200 000 dollars), tantôt par les services libyens.

Désormais, celui qu'on va appeler le Chacal planifie la terreur. "Il n'y a pas eu d'ordre du jour politique, pas de manifeste, pas de sigle", écrit Magdalena Kopp. En 1982, il envoie son amie en France pour préparer un attentat à Paris. Le plan échoue et elle est condamnée à quatre ans de prison. Durant cette période, Carlos commet huit attentats pour contraindre les autorités françaises à la relâcher. A cause d'elle, vingt personnes vont périr en France, à Beyrouth et à Berlin Ouest.

"J'ai alors vécu dans un autre monde. Un monde régit par les lois de Carlos.

Recluse dans sa prison, elle n'en saura rien. En 1985, Magdalena Kopp est libérée. Elle retourne alors à Damas auprès de Carlos, comme il le lui avait ordonné au téléphone, la considèrant comme sa chose. "A ce moment-là, j'aurais peut-être pu disparaître." Mais comment, se demande-t-elle dans son repentir? Elle est convaincue qu'il l'aurait recherchée. "J'ai alors vécu dans un autre monde. Un monde régit par les lois de Carlos." Mais Carlos n'a plus aucun lien avec aucune organisation. Les services secrets de l'Ouest le traquent et les pays de l'Est ont rompu leurs relations avec lui.

A Damas, Magdalena Kopp aspire à une vie de famille. Son désir est vite exaucé et Rosa vient au monde en 1986. Entre temps, Carlos était devenu le danger public international numéro un et une véritable menace pour ses proches. Carlos tente même d'étrangler Magdalena.

Puis, lors d'une visite d'un de leurs compagnons de route, Carlos profite qu'il ait le dos tourné dans la cuisine pour l'abattre d'une balle dans la tête, car il le soupçonne d'être un agent du Hezbollah. Il passera le reste de la soirée à tenter de consoler sa femme encore sous le choc de son geste criminel. Dans son livre elle écrit: "Parfois j'ai pensé qu'il aurait pu supprimer notre enfant."

En 1991, Carlos se rend au Liban où il officialise son mariage avec Magdalena Kopp et déclare la naissance de leur fille Rosa. Démarches prémonitoires: le filet policier se resserre autour du terroriste. Le monde arabe qui ne veut plus rien à voir avec lui le rejette.

En 1992 et après bien des détours d'un pays du Moyen Orient à l'autre, Magdalena Kopp et sa fille arrivent au Venezuela. Pendant trois ans et grâce à des papiers trafiqués, mère et fille vont vivre dans la famille de Carlos sans être importunées. Carlos est parti au Soudan. Il y sera arrêté et extradé en France en 1994.

"C'est à ce moment-là que j'ai commencé à penser de façon indépendante"

C'est alors que les autorités allemandes commencent à s'intéresser à Magdalena Kopp. Elle préfère se montrer coopérative et accepte de rencontrer un fonctionnaire de la police criminelle allemande venu la voir au Venezuela. De sa prison française, Carlos tente à nouveau de lui donner des ordres. "C'est à ce moment-là que j'ai commencé à penser de façon indépendante", écrit-elle.

Du jour au lendemain, elle cessa de lui obéir et elle le lui fait savoir dans les lettres qu'elle lui expédie dans sa prison. Il ne la croit pas et pense qu'on lui a dicté ses messages. "Ce n'est pas toi", lui répond-il. En 1995, peu avant Noël, elle est autorisée à revenir avec sa fille en Allemagne. Elle s'installe à Neu-Ulm où elle vit encore aujourd'hui. Depuis son retour, elle a cherché à s'établir dans un métier solide. Elle n'y est jamais véritablement parvenue.

C'est en mettant à jour son journal intime que l'idée lui est venue de revenir sur son passé. Peu lui importe que Carlos sache qu'elle a écrit un livre. "Je n'ai tué personne", écrit-elle pour soulager sa peine. Elle sait que Carlos ne peut pas en dire autant:

"Il est paranoïaque et narcissique. Je n'arrive pas à me pardonner d'avoir vécu avec Carlos. Je voudrais tant n'avoir jamais été avec un homme aussi brutal. Il n'apportait rien. Il n'écoutait personne."

Au revers de la carte que Carlos a envoyé à sa fille, il est inscrit: "Palestine - We want our homeland" ("Palestine - Nous voulons notre terre").

Die Terrorjahre. Mein Leben an der Seite von Carlos Deutsche Verlags-Anstalt - 320p., 19,95€.

http://www.rue89.com/2007/11/18/lhonneur-meurtri-de-magdalena-kopp-lex-compagne-de-carlos


vendredi 16 novembre 2007

Yahoo! paye le prix de ses liens avec la cyberpolice chinoise

C'est le prix de la trahison, et Yahoo l'a payé. La société américaine a en effet accepté de dédommager les familles du journaliste Shi Tao et du dissident Wang Xiaoning, emprisonnés en Chine sur la base d'informations communiquées à la justice chinoise par Yahoo.

Cette affaire empoisonne la réputation de Yahoo depuis plus de deux ans. Shi Tao, un journaliste chinois, a été condamné à dix ans de prison en avril 2005 pour "diffusion de secrets d'Etat", pour avoir transmis à l'étranger les consignes officielles aux médias chinois à l'occasion du quinzième anniversaire du massacre de Tiananmen en 1989. Au cours de son procès, on a appris que la police chinoise avait pu remonter jusqu'à lui grâce aux informations communiquées par Yahoo sur le compte e-mail de Shi Tao, pourtant enregistré auprès de Yahoo à Hongkong et pas en Chine continentale.

Mis en cause par les organisations de défense des droits de l'homme, Yahoo avait eu une défense maladroite, soulignant qu'il était obligé de coopérer avec la justice dans tous les pays où il opérait, généralement sur des affaires de pédophilie, de blanchiment d'argent, ou de trafic de drogue. Et qu'il ignorait le contexte de la requête de la justice chinoise. Jerry Yang, le fondateur de Yahoo (né Taiwan), avait visiblement sous-estimé l'émoi que cette affaire allait susciter, notamment dans la blogosphère américaine.

L'affaire devait finalement aboutir à une audition au Congrès, au cours de laquelle des responsables de Yahoo ont été sommés de s'expliquer sur cette "collaboration" avec la machine répressive chinoise. En présence de la mère du journaliste emprisonné, les dirigeants de Yahoo ont parlé de "malentendu". Mais ils se sont attiré une réplique cinglante du sénateur démocrate Tom Lantos: "alors que vous êtes des géants de la technologie et de la finance, moralement vous êtes des Pygmées"...

Circonstance aggravante, des révélations ultérieures ont montré que les dirigeants de Yahoo ont menti au Congrès. selon un document rendu public par le site chinois-américain Boxun.com, et relayé par la fondation américaine Dui Hua qui se consacre à la défense des prisonniers politiques chinois, Yahoo a répondu à l'injonction de la sécurité d'Etat chinoise qui faisait clairement référence à la nature politique de l'enquête en cours. La requête du Bureau de la sécurité d'Etat de Pékin à Yahoo évoquait spécifiquement "la transmission illégale de secrets d'Etat à des entités étrangères".

La fondation Dui Hua rappelle que lors d'une audition sous serment, le vice-président senior de Yahoo, Michael Callahan, avait affirmé: "Lorsque Yahoo Chine, à Pékin, a reçu une demande d'information sur un utilisateur dont nous avons appris par la suite qu'il s'agissait de Shi Tao, nous n'avions aucune information sur la nature de l'enquête".

Epilogue cette semaine, avec l'accord à l'amiable conclu entre les avocats de Yahoo et les familles de Shi Tao et du dissident Wang Xiaoning, condamné en 2003 dans des circonstances assez similaires. Les deux familles avaient porté plainte contre Yahoo en Californie. Les détails financiers de la transaction n'ont pas été révélés.

Affaire classée? Pas si sûr: outre le fait que les deux hommes restent en prison, Yahoo n'a pas indiqué comment il se comporterait en cas de requête du même ordre. Yahoo est fortement présent en Chine, avec un investissement d'un milliard de dollars dans le géant chinois Alibaba.com (qui a récement fait une entrée en bourse fracassante), et entend bien profiter du fabuleux marché chinois...

Plus généralement, c'est le rôle des grandes sociétés étrangères, fournisseurs de contenu ou de technologie, dans leurs rapports avec le gouvernement chinois qui est en cause. L'épilogue de l'affaire Yahoo/Shi Tao a au moins le mérite de leur montrer qu'il y a un prix à payer à collaborer avec une machine représsive.


jeudi 15 novembre 2007

La Guerre du RIF

Nous sommes en 1920. Bien avant la guerre d’Indochine et la guerre d’Algérie, celle du Rif est bien la première guerre anticoloniale du XXe siècle.


En France, elle donne lieu aux premières manifestations de solidarité avec les peuples sous domination coloniale, organisées par le Parti communiste, et dont l’Humanité en ces années 1925-1926, se fait l’écho.

Le Rif, étroite bande côtière située du nord du Maroc méditerranéen, est, depuis 1912, sous domination espagnole, le reste du pays sous protectorat français.

Abdelkrim El Khattabi, né en 1882, à Ajdir dans la tribu berbère des Beni-Ouariaghi, après des études à l’université d’El Karaouine à Fès, s’installe à Melila où il est successivement cadi (juge musulman), instituteur, interprète (arabe, français et espagnol) et correspondant du Télégraphe du Rif, quand il se lance en politique. Il dénonce l’oppression coloniale et se met à rêver à l’indépendance du Maroc. Abdelkrim parcourt le Rif et sensibilise les populations : " Nous devons, disait-il, sauver notre prestige et éviter l’esclavage à notre pays. " Homme de culture et d’ouverture, celui qui qualifie l’Occident de " civilisation du fer " par opposition au Maroc rural et sous-développé, est tout sauf un fanatique. Il a un projet politique : faire du Rif une république moderne, développer l’économie et l’éducation, et la faire reconnaître par la Société des nations (SDN). Il pense faire accéder le Rif à l’indépendance en bonne entente avec les Espagnols. Mais ces derniers refusent.

La guerre devient inévitable quand les tribus berbères du Rif refusent l’autorité espagnole et demande à l’Espagne de quitter le Maroc. En 1920, les Espagnols envoient une armée de 100 000 hommes commandée par le général Sylvestre. Le 20 juillet 1921, l’armée espagnole subit un véritable désastre : 3 500 soldats tués, plus de 5 000 sont faits prisonniers, toute l’artillerie lourde espagnole et un véritable arsenal (fusils et munitions) tombent entre les mains des Rifains. Sylvestre se suicide. De victoire en victoire, Abdelkrim repousse les Espagnols sur les côtes. En 1922, il proclame la République du Rif. " Le Parti communiste français unanime félicite Abdelkrim pour ses succès ", titre l’Humanité du 11 septembre 1924.

La France, inquiète, prend des mesures, vole au secours de l’Espagne, dépêche une troupe de 400 000 hommes commandée par le maréchal Pétain. Abdelkrim, qui a lancé son armée de 75 000 hommes contre le Maroc français, est stoppé. Le rapport des forces est inégal. Abdelkrim fait face à 32 divisions franco-espagnoles. Pétain mène une guerre totale : les villages rifains sont rasés par l’aviation et l’artillerie, l’armée française ne fait pas de prisonniers. C’est le début de la fin.

En France, malgré la campagne, à contre-courant, menée par le PCF pour arrêter " immédiatement l’effusion de sang au Maroc ", relayée quotidiennement par l’Humanité qui, en outre, publie des lettres de soldats, puis l’appel - le premier du genre à l’époque - lancé par Henri Barbusse et signé par une centaine d’intellectuels dont André Breton, dans son éditiondu 2 juillet 1925, la guerre se poursuit. Abdelkrim est vaincu en 1926. La République du Rif aura vécu.

Celui dont les méthodes de guérilla ont inspiré Mao Tsé-Toung et Hô Chi Minh, est fait prisonnier et sera déporté à l’île de la Réunion. Mais la guerre du Rif a un tel retentissement que le nom d’Abdelkrim est devenu le symbole de la décolonisation. Quand il s’évade en 1947, il s’installe au Caire où il est l’un des fondateurs du Comité de libération du Maghreb. Abdelkrim exilé - il ne retournera plus au Maroc -, le Rif est secoué par des révoltes en 1958-1959 qui seront écrasées par les toutes nouvelles Forces armées royales (FAR) commandées par le général Oufkir. La répression sera sanglante : 8 000 morts. Sur le tard, avant son décès en 1963, il dira de cette période (1920-1925), avec quelque amertume : " Je suis venu trop tôt. "

Hassane Zerrouky

L'ARME CHIMIQUE

Le mouvement de libération mené par Abdelkrim El Khattabi a été maté par l'arme chimique utilisée par l'Espagne.

Selon les études réalisées par des chercheurs et historiens marocains, espagnole et anglais, la population "rifaines" (habitants du Rif) a été victime, entre 1924 et 1926, d'intenses bombardements avec des armes chimiques dont les séquelles sont toujours visibles.
Les premiers historiens à avoir levé le voile sur ce crime contre l'humanité sont l'espagnole Maria Rosa Madriaga et l'anglais Sebastian Balfour. Le président de la fondation Montgomery Hart des études amazighs monsieur Rachid Raha a confirmé aussi que plusieurs localités du Rif ont été cibles par l'armée espagnole. C'est le cas surtout de la Tamsamane près de Nador et d'Anjra non loin de Tanger. La résistance à l'occupation conduite par l'Emir Abdelkader El Khattabi a coûté la vie à plus de 20 000 soldats espagnols.
C'est Abdelkrim El Khattabi qui a inventé le système des guérillas qui a inspiré, par la suite, Ho Chi Min au Viêt-Nam et Che Guevara en Amérique Latine. La France a également été pointée du doigt. "Elle est autant responsable que l'Espagne par plusieurs témoins et historiens.
D'ailleurs, monsieur Rachid Raha et autres historiens étrangers assurent que l'armée française et espagnole ont eu recours aux armes chimiques, à l'extermination, et au génocide notamment dans la région de FES suite à une percée colossale de l'armée de libération de l'émir Abdelkrim El Khattabi. qui s'étendait rapidement vers la zone sous protectorat français au Maroc.


Les français et les allemands complices de crimes contre l'humanité.
Deux usines chimiques ont été ouvertes par les espagnols dès 1924, grâce à des compétences françaises et allemandes. Une usine se trouvait à la ville marocaine spoliée par les espagnols Melilla et l'autre à Madrid. En quelques semaines des tonnes de gaz ont été produites. Les Spécialistes parlent de 407 tonnes de gaz ypérite, du chloropicrine et du phosgène.

Voila comment ces gaz ont été largués

Pour larguer ces bombes à destruction massive fabriquées par les espagnols avec l'aide des français et des allemands, l'armée coloniales a utilisé 530 avions de construction française, danoise et allemandes et pilotés par des mercenaires français, allemands et américains.

Bilan

Elle a fait plus de 50.000 morts et touché plus de 200.000 autres atteints de cancer de la peau et des poumons.
La Légion espagnole perts 8.171 hommes
L'Armée Française je ne sais pas ?






mercredi 14 novembre 2007

Une probable baisse de la TVA dans la restauration

Une probable baisse de la TVA dans la restauration

mercredi 14 novembre 2007 13h11

Les restaurateurs sont en passe d'obtenir la mesure qu'ils réclament depuis des années : la Commission de Bruxelles va proposer un projet de directive pour mettre en place un taux de TVA réduit. L'Allemagne, qui s'opposait à la mesure jusqu'à présent, a choisi de s'abstenir, ce qui devrait débloquer les choses. Tout est fait pour que la TVA réduite apparaisse lorsque la France présidera l'Union Européenne au deuxième trimestre 2008.

Jacques Chirac l'avait promise en 2002. Une promesse reprise par Nicolas Sarkozy qui aurait terminé le travail lundi dernier... Bruxelles devrait en effet autoriser la France à baisser la TVA dans la restauration dans le courant de l'année prochaine. Le dossier devrait être bouclé d'ici le 1er juillet 2008 quand Paris prendra pour six mois la présidence de l'Union européenne.

Le président français aurait obtenu l'accord de la chancelière allemande Angela Merkel lors du sommet franco-allemand. Car pour baisser la TVA, il faut le feu vert de tous les pays de l'UE au nom des règles de la concurrence. Hors l'Allemagne était contre cette baisse jusqu'à lundi soir.

Le steak frites dans le bistrot du coin pourrait donc être bientôt moins cher. La TVA de 19,6% pourrait descendre à 5,5%, même si la baisse reste aujourd'hui une inconnue. Ce cadeau aux restaurateurs coûterait 3 milliards d'euros. Une mesure également revendiquée par le secteur du disque et des salons de coiffure.

Ben Barka: France 2 complice des services marocains?

Par Joseph Tual (Journaliste)

Voilà bientôt dix-sept ans que je travaille sur l’affaire Ben Barka. Dix-sept ans d’enquête pour France 3, des heures et des heures d’entretiens, de recoupements, de lecture d’archives. Cela en valait-il la peine? Oui, sans aucun doute.

Mehdi Ben Barka est enlevé en plein cœur de Paris le 29 octobre 1965. Quarante-deux ans se sont écoulés depuis. Trois journalistes y ont consacré des pans entiers de leur vie professionnelle, Daniel Guérin, Jacques Derogy, tous deux décédés aujourd’hui, et moi-même, qui continue l’enquête. J’ai profité et appris de leur travail et je me sentirais bien lâche de ne rien dire aujourd’hui, alors que France 2 s’apprête à diffuser un téléfilm sur cette affaire, réalisé à partir d’éléments faux et basés sur le témoignage d’un usurpateur: Ahmed Boukhari.

"La tête de Ben Barka est là"

Mais revenons au début. En 1992, je recueille le témoignage de trois hommes, les frères Bourequat. Ces trois frères sortent de dix-huit ans d’enfermement, dont dix dans le terrible bagne de Tazmamart. Au cours de leur détention, ils ont été "voisins" des truands français impliqués dans l’enlèvement de Mehdi Ben Barka; l’un des trois frères, Ali, apprend de la voix d’un des truands: "La tête de Ben Barka est là, enterrée devant ta cellule." Ils se trouvent alors dans une petite prison appelée PF3 (Point Fixe N°3).

Pour vérifier ce point, il faudrait effectuer des fouilles au PF3. Je vais au Maroc, à la recherche de cette prison. Muni de toutes les indications fournies par mes témoins, je trouve, avec l’aide de mon confrère marocain Ali L’mrabet*, le fameux PF3. Je le filme et diffuse le sujet sur France 3 national. Ce reportage a été versé dans la procédure actuelle de l’instruction (ouverte depuis 1975), puisqu’il apporte des éléments nouveaux.

Nous sommes en 2000. Hassan II vient de mourir, en juillet 1999. Durant tout mon séjour au Maroc, je suis suivi 24 heures sur 24 par les hommes de la DST marocaine. Ce reportage, pour les services marocains, c’est une catastrophe! Le général Laanigri, chef de la DST marocaine à l’époque, fulmine. Colère aussi chez les généraux Kadiri et Benslimane, respectivement chef de la Direction générale des études et de la documentation (DGED), et chef de la gendarmerie. Tous deux, par ailleurs, impliqués directement dans l’affaire Ben Barka.

Où, quand, et pour qui est née l’idée du témoignage Boukhari?

En 2001, Ahmed Boukhari donne des pages et des pages de prétendues révélations au Journal-Hebdo, à Casablanca. L’homme fournit moult détails sur l’affaire Ben Barka. Il sent bon le scoop. Et ça marche! L’homme, à première vue, est habile, il distille dans son texte très volumineux une quantité de mensonges probablement dictés, un subtil mélange de déjà connu et d’élucubrations, mais pour les détecter il faut lire et relire le dossier d’instruction établi entre 1965 et 1966 par le juge Zolinger. Un travail de recoupement négligé par mes confrères. Pourquoi?

De mon côté, je soumets toutes mes interrogations et le fruit de mes recherches à maître Buttin, l’avocat historique de l’affaire Ben Barka. Tous les deux, nous pointons les aberrations du témoignage de Boukhari. Un vrai ball-trap à bêtises ou contre-vérités: l’attentat d’Alger contre Ben Barka, sur lequel d’ailleurs débute le téléfilm de France 2, n’a jamais eu lieu. La séance de torture à Fontenay-le-Vicomte n’a jamais été établie judiciairement. Ce ne sont que les dires du mythomane Figon, l’un des truands de la bande, connu déjà à l’époque pour ses nombreux séjours en hôpital psychiatrique. Quant à la perquisition à Fontenay-le-Vicomte chez Boucheseiche, lieu où disparaîtra Ben Barka, les hommes du commissaire Bouvier n’y ont rien trouvé, contrairement à ce qu’affirme Boukhari et à ce qui est dit dans le film. C’est du témoignage de Figon dont s’inspire Boukhari, un témoignage qui se retrouve à la Une de L’Express en 1966, sous le titre pompeux: "J’ai vu tuer Ben Barka".

Après un travail de recoupement, encore une fois, je constate que cet article, d’une source très floue, fut quelque peu dénaturé et gonflé par la direction de L’Express de l’époque, motivée en cela par la course au scoop. L’imprudence est commise, et elle fait encore des dégâts aujourd’hui, car, de cet article, Boukhari s’est largement et copieusement inspiré. Mais lui, donne des noms aux participants: les frères Achaachi (les policiers marocains), Miloud Tounsi (le fameux Larbi Chtouki), Boubker Hassouni (l’infirmier). Pour les personnes qui n’ont pas le dossier Zolinger sous les yeux, ce sont des révélations sensationnelles. Eh bien non! Ils sont tous déjà cités dans la procédure de l’époque. Pour maître Buttin et moi, rien de nouveau.

Ce qui pouvait embarrasser les pouvoirs français comme marocain, à l’époque des faits, les arrange avantageusement aujourd’hui, car le dossier d’instruction est toujours ouvert, et devient très menaçant pour le régime au Maroc. Le juge actuel, Patrick Ramaël, est en effet très motivé dans sa recherche de la vérité et très précis dans les commissions rogatoires qu’il délivre auprès de la justice marocaine. Après publication dans les journaux, Boukhari ne s’arrête pas là, il veut le livre, qui, pour lui, est l’aboutissement ultime de son travail au service de Sa Majesté Mohamed VI.

La cuve magique

Bourkhari, dans sa hâte à faire publier son œuvre, envoie ses manuscrits tous azimuts. J’en récupère un, puis deux, trois et enfin un quatrième et là! Stupeur, ils ne sont pas identiques! Ecrit à la main, Boukhari première version, se met en scène, rivé au téléphone du "Cab1", service secret d’Hassan II, rue Moulay Idriss à Rabat à l’époque, il est de permanence. Or, dans la procédure Zolinger, ce poste est occupé par le jeune capitaine qui deviendra le Général Hosni Benslimane; manuscrit numéro 2, il se met en scène directement à Fontenay-le-Vicomte et voit l’arrivée de Medhi Ben Barka chez Boucheseiche. Il dit alors être le garde du corps du policier marocain Mohamed Achaachi, chef du service des opérations du Cab1.

Alors quelle version croire? Heureusement que la fin est la même et c’est là le but essentiel de la mission de désinformation de Boukhari: la cuve d’acide qui désagrège tout, y compris la vérité. Il est inutile de chercher le corps de Mehdi Ben Barka, il a été dissous dans l’acide de la cuve magique. Car elle est magique, cette cuve. Non seulement elle dissout les corps mais en plus, aux yeux d’un public désinformé, elle dissout l’intérêt d’une commission rogatoire qui exige des fouilles au concret PF3.

Je récupère dans le manuscrit les plans de ladite cuve. Après analyse, des ingénieurs chimistes partent dans une franche rigolade et le verdict tombe: impossible, fantaisiste, du roman! Le gardien de la paix Boukhari, son véritable grade, nous dit en fait: "Circulez, il n’y a plus rien voir!"

Si le livre "Le Secret" de A. Boukhari (éditions Michel Laffont), passe somme toute inaperçu, le téléfilm qui en est sa parfaite adaptation risque, lui, de faire beaucoup de dégâts dans une opinion mal informée. "L’Affaire Ben Barka", réalisée par Jean-Pierre Sinapi pour France 2, est le parfait copié/collé du livre de Boukhari. Potentiellement, dix ou quinze millions de personnes manipulées et désinformées, d’où, et c’est un euphémisme, ma surprise!

Le ministre Sarkozy sommé de se poser à Marrakech

Non, Monsieur le président de France Télévisions, vous ne pouvez pas laisser passer une telle infamie. L’acide, pour reprendre la thèse de Boukhari, revient à dissoudre toute l’information judiciaire ouverte depuis 1975 pour l’enlèvement et l’assassinat de Mehdi Ben Barka. Et croyez moi, ce n’est pas un sujet léger qui pourrait distraire innocemment les téléspectateurs!

J’en veux pour preuve qu’en mai 2006, notre ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, à son retour d’une tournée en Afrique noire, est sommé de se poser sur l’aéroport de Marrakech. Les sécuritaires marocains sont sur le tarmac pour l’accueillir. Au menu des discussions? L’affaire Ben Barka. Et de cela, Sarkozy est tout estomaqué.

L’inquiétude des officiels marocains porte sur la récente convocation de Driss Basri, leur ex-ministre de l’Intérieur sous Hassan II. La teneur exacte de leur entretien, je ne la connais pas. Mais ce dont je suis sûr, et cela m’a été confirmé par deux sources différentes, c’est qu’ils ont parlé de l’affaire Ben Barka. Bientôt, notre Président ira au Maroc. Quelles pensées le guideront? L’application stricte de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1789? Ou la vision commerciale de la diplomatie française sur le régime actuel du Maroc? Ce voyage sera-t-il précédé d’un geste de rupture qu’il affectionne tant? Rompre avec les assassins et soutenir la famille Ben Barka après quarante-deux ans d’amnésie volontaire du pouvoir français? Nous verrons…

Pour l’instant, France 2 n’est que victime d’une manipulation des services marocains. Mais si la décision est prise de diffuser, en l’état, ce téléfilm, elle devient complice de la manipulation et par là même c’est toute la crédibilité de France 2 et au delà, de tout le groupe France Télévisions auquel j’appartiens qui est menacée. Nous sommes face à un dilemme, j’en conviens: 5,4 millions d’euros de budget mis au service du contre espionnage marocain, une très bonne affaire pour eux. Surtout que le produit du réalisateur Sinapi est bon dans la forme.

Medhi Ben Barka était porteur d’une autre voie pour l’avenir du Maroc. Hassan II en a décidé autrement. Le constat est dur. Aujourd’hui, le Maroc a évolué, certes, mais le Makhzen -mot usuel du peuple marocain pour désigner les courtisans corrompus- est toujours là, au poste de commande du régime royal. Usant de son pouvoir pour étouffer toute velléité légitime de liberté des sujets marocains qui, je l’espère, pourront un jour enfin s’en affranchir.

* Ali L’mrabet, journaliste au journal Demain, condamné à quatre ans de prison ferme en 2004 pour diffusion d’une caricature du Roi.